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3SATIRE VIII.A MONSIEUR Max.
Docteur de Sorb,
E tous les animaux qui s’élevent dans hair,Qui marchent fur la terre, ou nagent dans lamer,De Paris au Perou , du lapon jufqu'à Rome ,Le plus fot animal, à mon avis, cæſtihomme,Quay? dira-r-on d’abord, un ver, une fourmi,Ua infcéte ranpant qui ne vit qu’à demi,
Un taureau qui rumine, une chevre qui broute,;Ont l’efprit mieux tourné que n’a l’homme? Oùfans doute.;
Ce difcours te ſurprend, DoŒeur, je l’arperçoi.
L'homme de la nature ef le chef& le Roy,
Bois prez, champs, animaux, tout eft pour fonufage
Er luy feu! a, dis tu, la raiſon en partage.:
II eſt yray, de tout temps la raifon fut fon lot.
Mais de là je conclus que l’homme eſt ie plus ſor,Ces propos, diras tu, font bons dans la Satire ,
Pour gay er d’abord un lecteur qui ven rire,
Mais il faut les prouver En forme. l’y conſens.
Répon-moi donc, Docteur,& mets-toi furles banes.
Quweſt ce que la lagefſe? Une égalité dame,
Que rien ne peut troubler, qu’aucun defir penflame,gi Marche en(es confeils à pas plus mvfurez>
Qu'un Doyen au Palais ne monte les degrez.
Or cette égalité, dont fe forme le Sage,
Qui jamais moins que l'homme e a connu Fi-
age? ĩ
La fourmi tous les ans traverfant tes guerets,
Groflit fes magafins des tréfors de Gerés 3
Er dés que l’Aquilon ramenant la froidure»
Vient de fes noirs frimats artriſter la nature,
Ger. animal tapi dans fon obfcurité
Ioüit l’hyvers des biens conquis durant l'efté»
Mais on ne la yoit point d’une humeur inçonitante;