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CHANT TROISIEME. 143
Dans A henes nâquit la comedie antique.;Là, le Grec né mocqueur, par mille jeux plaiefansDiftila le venin de fes trais /médifans.Aux accez inſolens d’une bouffonne joie,La ſageſſe, l'eſprit, l'honneur furent en proie.On vid, par le public un Poste avouéSenrichir aux dépens du merite joüé,Et Socrate par lui dans* un chœur de Nudes,D'un vil amas de peuple arire les h uées.Enfin de la licence on arrefta le cours,Le Magiſtrat, des lois emprunta le fecours,Et rendant par edit les Poëtes plus fages,Denffedit de marquer les noms ni les vifages:Le Theatre perdit fon antique fureur.La Comedie apprit à rire fans aigreur.Sue fl& fans venin ſceut inftrurie& repensere,;Et plüt innocemment dans les vers de Menandre .Chacun peint avec art dans ce nouveau miroirS'y vid avec plaiſit, on crût ne s'y point voir.L’avare des premiers rit du tableau fideleD'un Avare fouvent rracè fur fon modele;Et mille fois un Fat finement expriméMéconnut le portrait fur lui meme formé.Que la Nature donc ſoit voſtre eſtude unique,Auteurs, qui pretendez aux honneurs du Comique .Quie 53 void bien Homme,& d’un efprit pro-ond
De tant de cœurs cachez a penetré le fond:
Qui fçait bien ce que c'eft qu’un Prodigue, unAvare;
Un honnefte Homme, un Fat un Jaloux, unBizare, ö
Sur une fcenc heureuſe il peut les eftaler,
Et les faire à nos yeux vivre, agir,& parler.
Prefentez en par tour les images naîves:
Que chacun y ſoit peint des couleurs les plus vives.
za Nature feconde en bizarres portraits.
Dans chaque ame eſt marquée à de differens traits,
Les Nuées Comedie d- Ariſtoph,
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