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882 De la Cofmographie
font de cefte opinion, que l’ambre eft l’ vrine gelee d’ ne bete laquelle on appelle linx:& pourtant ilz l appellent lyncure.Les autres difent que c’ eft du fuc des atbres: mais
“ceux cy ontmauvaife opinion, veu qu’en Pomeran& Prufle il n’y a pas vn feul arbre pres
dela mer quidiftille la refine:& toutesfois on y recueille beaucoup d’ambre,l1femble plustoit quecc foit du foufre ou bitatenfelon l'opinion d’Agricola,veu qu’il eft gras,& qu'ilbrusle, Mais que ce foit plus toft bitumé que foufre,il eft môftre parbeaucoup de fontainesqui font de diuerfes coleurs,&qui font le bitumen,afçauoir blanc,roux,gris& noir. Quantau lieu ou il croift,les anciens en ontefcrit plufieurs chofes. Les Grecs affermét qu'il croiften ltalie,& principalementau pays des Geneuois,ou aupres du Paud. Les autres difent qu’on le trouve en Hefpaigne:les autres, l’entour des isles d’occidét.Plinéraconte qu'il croiftes isles del'ocean feptétrional,&que l’yned’icellesa eftéappellee Gleffaria pour autät queles Germains appellent l’ambre gleffum, Mais auiourdhuy les ventz le iettentloing,com-me aufsi ilz l’ont anciennement ictré iufques aux bordz& rivages des Germains, qui e-ftoyentautrefois habitez par les Gorthons& Souabes, c'eft à dire en vn perit lieu qui eftreduyten isle,en laquelle fonrfituées deux villes, Puceque& Hela:aufsi ufques aux bordzde Pomeran; lefquelles places font prefque toutes à l'entour de la fin de Viftule: mais lagrande abondance fe trouve en Sudaue,& bien peu en la region des Liuoniens, Or il y aplus de 30, villages en Sudaue aupres de Brufque,oùules habitans defia des long temps pe-{chent l’ambre auec des retz, comme ilz pefcheroyencle poiff&on,Ainfidonc quand lamereftagitee des ventz,vn grand nombredes Sadinois accour&t par trouppes decesvillages tant de nuict que de iour,& vien,{ nent à l’endroit de cerivage,oules ventzont acouftumé de poufferles vagues. Leshommes apportent des retz atrèchez auxboutz de longues& grandes perches, quifont diuifées comme forches,& éuuertesd’yneaulne, Les femmes apportent ce quieftneceffaire pour viure. Apres donc queles ventz foncappaifez,ce pendantroutefs= fois que la mer eltencore efmeué, ilz ens9] trent nudz dedans la mer, felon que lesflotz fe reculent,& puyfent de leurs retz l’, ambre,quele fecond flotamene à bord,&quant& quantilzarrachent vne herbe nommée pouliot, laquelle n’eft pas fort diflemblazble,& croiften mefmelieu.Or aufsi toft qu'ilz ont pefchél’ambre,il s'en retourn£t au bordquandilz voyencapprocherle fecond flot:& lä fur Ie rivage Ja femme d'yn chafcun apresqu’il eftefcoule du retz,le garde,& le fepare des herbes& autres chofes qui fe trouvent dezdansleretz:& fi cela fe fait en temps froid,chafcune d’icelles chaufent les habillementz de{fon mary,& les met fur les efpaules d’iceluy,a fin que le froid ne luy facetrop de mal,& qu’il puiffe retourner tout foudain dedans la mer.Or il faut qu’ vn chafcunapporte aux gouuerneurs autant qu’ il aura prins d’ambre:& les gouverneurs donnentä yn chafcun aufsigrande mefure de fel qu’il apportera d'ambre, Voila quel falaire ilz recoiuent pour touteleur induftrie pour vnfigrand labeur& fi fafcheux:& cela leur eftdeu& donné par couftu-me& ordonnance ancienne,Et il n’eft pas permis à yn chafcun d'aller vers les Sudinois, depeur que l'ambrene foitdefrobé. Orles Germains font degrans profitz de cefte prinfed’ambre,comme d’yne grande pefche de poiffons.Car ilz vendêt cous les ans de cefte mar,chandife enuiron pourdixmilleefcuz duRhein,lefquelz la reuendent,l' ayant formée endiuerfes figures. Auiourdhuy l’ambre blanceft de plus gräd pris,tant pource qu'il fent fortbon,que d'autant qu’il a grande efficace pour la medicine,& auec ce pource qu'on n'en trouue pastant que d'autre, Aurefte on n’vfe guieres de retz pour pefcher l’ ambre es autresfieux,où on peuctrouveraufsidel'ambreauxriuages: mais apres queles florz s'enfont rertournezonletrouue fur lefable fec:ou bien quand la mer eft calme, on le tire par des gransdes fourches de fer crochues,du fond de la mer, où apres auoirtire l'arene fur le bout, 9
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