iL Réflexions préliminairesla brillante fortune à laquelle elle parvintdans la fuite par fou esprit & par sonmérite.
Comme elle, parlez toujours raison àvotre éleve. Qu’il ne voie, qu’il n’en-tende jamais rien , s’il est possible , quine porte les caractères de la justesse &du bon sens. Mais n’arrive-t-il pas ordi-nairement tout le contraire? Si un enfantfait des questions , on le trompe & l’onrit de ses erreurs. Veut-on l’amuser : onlui dit des absurdités. S’il parle à tortou à travers, on applaudit. Pouroit-onmieux s’y prendre , si l’on avoir defleinde lui déranger la tète, ou de ne laremplir que des plus fausses idées, &d’étouffer dès leur naissance tous ses pre-miers germes de raison ?
Ainsi sont élevés , je ne dis,pas lesenfans des simples particuliers, dont lamauvaise éducation est bien moins dan-gereuse pour eux & moins importantepour la société, mais les enfans desGrands & des riches, c’est-à-dire, ceuxqui devroient être la plus belle espérancedelà Nation, & qui par leur fortune &leur rang influeront beaucoup dans lafuite fur les mœurs des autres citoyens &peut-être fur la destinée de l’Etat.
Mais ce qui est pis encore, c’est qu’onne songe presque jamais à leur donner les, premières notions de la Morale , dont ou