sur l’Éducation. 15ne sauroit pourtant jeter trop tôt les pré-cieuses semences dans les cœurs qu’onveut former à la sagesse, puisque c’estelle qui nous instruit de nos devoirs ,regle nos actions, & nous inspire lessentimens vertueux, tt ne croyez pasque cette science si néceflàire n’ait rienqui soit à la portée des ensans. Ils enont, pour ainsi dire , les premiers prin-cipes déjà gravés dans leur cœur : prin-cipes si simples, si clairs, si lumineuxqu’ils s’annoncent presque d’eux-mêmesavec les premières étincelles de la rai-son ( 1 ).
Puisque cette science doit être d’unepratique familière à tous les hommes &régler nos mœurs,ne doit-on pas se hâterd’en donner les premiers élémens? &yaura-t-il un âge plus propre à les impri-mer profondément, que celui de la can-deur & de l’innocence '{ Commencez, ditl’auteur des Cons ils de la Sagejj'e , à vousappliquer à l’instruction de vos ensans,dès qu’ils peuvent vous écouter ; & n’ou-hliez pas que l’éducation doit suivre de
f I ) Tels font entre autres ceux-ci : Ne faites pas auxautres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit ; faites-leur ce que vous voudriez raisonnablement qui vous fûtfait à vous-même. Aime\ Dieu , aime\ vos semblables,aime\ davantage ceux qui-ont plus de droit à votre amourtels que cous vos bienfzi eurs, & fur tout vos p.arens.