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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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en lui retraçant toutes les- jouiffances quElle a perdues , & je dois plutôtfixer fon attention fur le bien quElle a tâché de faire, & fur le vaftechamp qui refie encore ouvert à fes efpérances.

Comité contentieux .

Une des premières difpofitions que jai propofées à Votre Majesté , eftdevenue, un véritable bienfait envers.vos fujets; cefl linflitution dun Comitéde Magiflrats , pour examiner cette multitude daffaires contentieufes quiétaient ci-devant foumifes à la feule décifion dun Contrôleur général. On nepeut être infïruit de létendue des occupations, qui accablent un Miniflre desFinances, fans reconnoître de la manière la plus fenfible, que fon temps &fa vie peuvent à. peine fuffire au coup-dœil quexigent lés feules affairesdadminiflration. Cette place eft devenue infiniment plus confidérable quelleilétait autrefois, parce que les impôts fe font extrêmement multipliés & di-verfifiés. On lève aujourdhui fur les Peuples , tant au profit de VotreMajesté , que pour le compte dès Villes , des Hôpitaux & des Commu-nautés , près de Cinq cents millions, & prefque toutes les modifications diffé-rentes ont été cherchées & mifes en ufage ; comment veiller fur une telle percep-tion? comment soccuper encore de tant dautres objets, tels que les Sub-fiflances, les Chemins , le Commerce, les Manufactures ? comment veiller enmême temps, fur toutes les opérations du Tréfor royal, fans que fîmplecourant dune machine auffi immenfe ne foit au niveau des forces dunhomme ? & lorfque les circonflanses & lamour fon devoir, lobligent en-core à parcourir les abus & à les réformer, il ne doit lui refier à la fin dechaque journée confacrée. en entier au travail, que le fentiment pénibledavoir laiffé beaucoup de cliofes en arrière, & de navoir donné à celledont il seft occupé, quun degré dattention prefque toujours imparfait.

Quétoit-ce donc , quand, à ce courant dAdminiflration, fe joignoientencore toutes les décifions contentieufes , & tous les arrêts qui, cenfés rendusau Confeil royal des Finances, émanoient cependant de la fîmple difpofitiondu Contrôleur général? Etoit-il humainement pollible quil y donnât lappli-cation nécelfaire, fans fe détourner entièrement des objets dAdminiflration?mais lamour de lautorité, la crainte de fùn partage, & fouvent auffi les in-eonvéniens que ce partage entraîne 3 avoient fans doute empêché les» Minif-