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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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Grains.

Toutes les queftions relatives à lExportation des Blés ont été fi fou-vent traitées, que je ne métendrai pas fur cette matière : jobferverai feu-lement, que lexpérience ma confirmé dans la penfée, quil 11e falloit don-ner dans aucun extrême, ni foumettre ce Commerce à une Loi fixe & gé-nérale. Il faut autorifer & protéger la plus grande liberté dans lintérieur;mais lExportation ne peut jamais être permife en tout temps & fans limites. Ilne faut pas perdre de vue que ceft le feul commerce dont les écarts- influent furla fubftance du Peuple , & fur la tranquillité publique. Ainfi, en même temps quele Gouvernement doit permettre & favorifer la libre Exportation dans les tempsdabondance; il ne doit pas craindre de larrêter ou de lafulpendre, lorfquily voit du danger. Je dirai plus, ce neft que dans des livres de dodrine,que la controverfe à cet égard peut fubfifter encore ; car les inquiétudes quinaiffent des alarmes dune Province fur fa fubfiftance , font dune telle na-ture, que le Minillre des Finances qui ferait le plus déterminé par fyfi.tème à fe repofer fur les effets de la liberté , ne tarderoit pas à courir auxprécautions, lorfquil auroit à répondre des évènemens. Et telle eft, & feratoujours, la foiblefle des idées abflraites, dès quelles auront à lutter contrela force du moment & léminence du danger.

Il y a eu des momens très - difficiles, & dalfez grandes inquiétudesdans le midi du Royaume pendant lannée 1778 ; 8c fans la follicitude &les fecours de Votre Majesté, je ne fais fi de grands maux euffent étéprévenus. Depuis lors, les récoltes ont été bonnes, & lExportation a étépermife fucceffivement dans prefque toutes vos Provinces ; mais linterrup-tion de la Navigation, & le peu de befoins des pays voifins, ont occa-fionné une grande ftagnation dans le commerce des Grains avec lÉtranger.

Mai h - morte.

Votre Majesté a affranchi les main-mortables dans tous fes Domaines8c fes Seigneuries ; Elle a de plus aboli dans fon Royaume le droit de Suite,ceft-à-dire le droit en vertu duquel des Seigneurs de Fiefs fitués dans diverfesProvinces, réclamoient lhéritage dun homme dans létendue de leur Sei-gneurie, quoiquil sen fût abfenté depuis long-temps, & quil eût établi fondomicile dans un lieu franc.