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mérite pas; elle servirait plus souvent àl’aigrir qu’à le corriger. Les plus sagesd’entre les Païens même ont reconnul’obligation d’avoir les uns pour les au-tres ce ménagement. Socrate reprenantun jour en public un de ses amis, Platon lui dit qu’il aurait dù faire cette répri-mande en particulier : Fous avez raison ,lui répondit Socrate , mais vous aujjivous auriez dû me donner cet avis enparticulier.
Au reste, si vous n’ètes point chargépar état de reprendre les autres , ne leFaites pas facilement, & n’imitez pas sur-tout l’in discrète vivacité de quelques-uns,qui troublent le repos de tout le monde ,parce qu’ils ne font jamais en repos. C’estun mauvais métier que celui de censeur :on se fait haïr, & l’on ne corrige per-sonne. Un Philosophe répondit un jourà un de ces censeurs de profession:Comment me corrigerois-je de mes defauts ,puisque tu ne te corriges pas toi-même del’envie de corriger ?
Il est bien de petites choses qu’on doitse palier mutuellement, &sur lesquellesil n’est ni poli ni même à propos de fèreprendre. En général, la plupart deshommes aiment mieux être applaudisque repris. Nous avons beau protesterqu’on ne saurait nous faire plus de plaisirque de nous avertir de nos fautes &