2§ V È C O L B
alors , & menaça l’Auteur de l’y faire
jeter aulîi, s’il’ écrivoit encore de la
forte.
C’est avoir une très-mauvaise opiniond’un homme, que de lui donner deslouanges qu’il ne mérite pas : c’est croirequ’il a un grand fonds de vanité, ouqu’il est ridiculement crédule. Cependantc’est - le moyen ordinaire qu’emploientles courtisans & les âmes baises, commela route qui est la plus sure & la pluscourte , pour s’insinuer & acquérir lafaveur. Nous nous persuadons sans peineque toutes les louanges qu’on nous donnefont sincères ; & si nous ne croyons pastout, nous en croyons du moins unetonne partie. L’amour-propre est commeun bandeau épais , qui nous empêched’appercev'oir l’extravagance des flatte-ries dont on nous endort. Les personnesdu sexe doivent se défier des louangesencore plus que les hommes , parcequ’elles y font plus sensibles , & que c’estpresque toujours par-là qu’on les trompeou qu’on les séduit. Il est rare qu’ellesaient la tête allez forte pour soutenir lavapeur des parfums qu’on brûle auprèsd’elles.
Les louanges exagérées & qu’on nemérite pas, ne plaisent qu’aux personnesextrêmement vaines. Les louanges tri-viales & communes ne flattent que les