des Mœurs. 97toujours la rejeter , o il y en a qui peu-vent être aufli utiles°qu’agréables : maisn’abandonnez point pour cela l’ancienneamitié , & préférez même toujours lesanciens amis aux nouveaux. Plus lapaffion de l’amour vieillit, plus elle estfoible ; mais l’amitié devient plus forteen vieillissant. Elle est auflî plus douce& plus agréable , comme ces vins vieuxqui flattent plus délicieusement le goût.
Ne changez donc point. Un ami nou-veau 11e vaudra jamais pour vous unancien ami. Si la personne que vousaimez depuis long - temps est moins par-faite ou moins honorable, elle vous estplus propre , & mieux faite à votrehumeur. Ce n’est pas la noblesse, l’etprit ou la science qui font les douceursde l’amitié , c’est la conformité du cœur& la sympathie dés inclinations. D’ail-leurs tout habit neuf incommode quel-que temps, & toute nouvelle connoif-fance gêne : les réserves & les cérémo-nies font longues : il faut s’étudier & febien connoitre, avant que de fe livreravec confiance ; & ce font toujours degrandes affaires pour un honmme sage& prudent , que des commencemensd’amitié. En un mot, souvenez - vous dece qu’on a dit, que quiconque peut cesserd’aimer un premier ami, est indigne d’enavoir un second.
Tome III. E
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