des Mœurs. irfne nuisent à personne. Mais c’est qu’unSatirique ne reste presque jamais dans lesjustes bornes. La satire, d’abord modérée& légitime, devient bientôt outrée, pi-quante , personnelle & partiale. Sousprétexte de venger le bon goût, on sevenge soi-mêmeon satisfait son ressen-timent & sa haine. Pour réjouir le lec-teur, on aiguise les traits de la satire, onmord, on déchire sans ménagement. Onn’épar gne plus, lorsqu’une fois on se voitapplaudi de ses premiers essais , & mal-heureusement la satire ingénieuse l’estpresque toujours. Elle plaît à notre ma-lignité , qui aime fur-tout à voir tourneren ridicule , parce qu’il n’y a guere d’a-baissement plus grand, ni qui soit plussans retour; car on a honte d’estimerdans la fuite ceux dont on s’est moqué.C’est pour cela que la réparation de Qui~nault a encore aujourd’hui tant de peineà le rétablir, & que celle de Cotin n’apu se relever. Qu’on lise néanmoins l’hiC.toire de l’Académie Françoise, & l’onverra que les Cajjagne , les Cotin , dontles noms remplissent si souvent les mor-dans hémistiches de ce cruel & trop in-génieux Satirique , méritoient, à plu-sieurs égards, l’estime publique qu’il leura fait perdre.
Cajjagne étoit assez bon Poëte , &Prédicateur estimé. L’Ode qu’il fit à la