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louange de l’Académie Françoise, l’y Strecevoir à l’âge de vingt-sept ans; A le,Poëme qu’il publia l’année suivante, oùil introduit Henri IV ", donnant des ins-tructions à Louis XIV , lui acquit l’estimede M. Colbert. Il étoit fur le point deprêcher à ta Cour, lorsque Boileau ayantrnis son nom avec celui de Cotin dans satroisième satire , ce trait piquant le fitrenoncer à la Chaire , & l’interrompit aumilieu de sa course. Après avoir fait lesderniers efforts pourregagner l’estime dupublic par ses ouvrages, il succomba iousle poids de l’étude & du chagrin. Sespareils avertis que sa tète se dérangeoit,furent contraints de le mettre à Saint-Lazare , où il mourut âgé seulement dequarante-six ans. Triste effet de la satire,& qui devoir bien rendre amer pourl’Auteur lui-même le plaisir qu’elle pou-voir d’ailleurs lui donner !
Quant à l’Abbé Cotin , peut-être ilauroit eu le tranquille fort de tant d’au-tres Ecrivains qui ne valoient pas mieuxque lui ou qui peut-être valoient moins.Pendant leur vie on les laisse jouir dela bonne opinion qu’ils ont d’eux-mê-mes , & après leur mort leur mémoireest ensevelie avec leurs cendres dans unmême tombeau. Au fond, Cotin n’étoitpas si méprisable que la satire l’a voulufaire croire. Il savoir les langues, étoit