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Il ne fallut pas le dire deux fois. Quoiqu’il en soit, Moliere & Boileau atta-quèrent le malheureux Cotin de la ma-niéré que tout le monde fait ; & Cotinaccablé des traits perçans du Satirique& de la Scene de Trijsotin , ne put s’enrelever. Il bailla tellement, que ses pa-reils agirent pour qu’il fût mis en cura-telle.
Boileau avoit donc plus de raison qu’ilne pensoit, de dire lui-même au com-mencement d’une de ses Satires :
îyiuse, changeons de style, & quittons la satire.;
C’est un méchant métier que celui de médire.
Ce qu’il ajoute n’est pas moins vrai :
A l'Auteur qui l’embraste il est toujours fatal.
I,e mal qu’on dit d’autrui, ne produit que du mal.
C’est ce qui est arrivé à une infinité deSatiriques , & en particulier à Sotade ,ancien Poëte Grec. Ses poésies étoientpleines de médilànces & de satires mor-dantes contre les personnes les plus res-pectables. Ptolémée Philadelphe^ Roid’Egypte , contre lequel il avoit oséécrire , le fit enfermer dans un coffrede plomb , & jeter dans la mer.
Si vous êtes jaloux de votre proprehonneur & de l’estime des hommes , nemédisez point. Il y en a qui croient