des Mœurs, HA.plaire ou briller par-là , mais on lesdéteste & on les méprise. Et qui le méritemieux ? Car fi c’est l’envie ou la hainequi fait parler le médisant, comme ilarrive presque toujours ; quelle bassesse !Si c’est de sang-froid & sans intérêt,qu’il fait , contre des personnes de quiil n’a reçu aucun mal, tout ce que l’em-portement & la vengeance pouroientluisuggérer de plus cruel contre des enne-mis déclarés ; quel caractère noir ! Dequelque côté donc qu’on envisage le mé-disant, on ne peut que le mépriser &le haïr.
Le médisant ne plaît qu’à ceux qui ontbeaucoup de malignité ou des raisonsparticulières : encore aiment-ils toujoursplus la médisance que le médisant. 11 leurapprend ce qu’il peut faire contre euxpar ce qu’il fait contre les autres : & quiest-ce qui n’a pas à craindre les traitsd’une mauvaise langue ? On la hait doncau fond, de quelque caractère qu’on soit.Les gens malins, ennemis ou jaloux, nel’écoutent que pour en nourrir leur ma-lignité , leur haine ou leur envie ; & ilsla percent à son tour des mêmes traitsdont elle a percé les autres. Les gensde bien qui réfléchissent fur l’indignitéde ces sortes de discours , se bouchentles oreilles pour ne pas les entendre:ils s’indignent contre celui qui leus