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Tome I
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quoient pas à découvrir le sens mystique caché fous chaque mot,& fous chaque syllabe. O ri gène avoir emprunté cette méthodedes Egyptiens qui croient tout mystérieux. Pour s’accommoderà la délicatesse des Philosophes, il apprit aux Grecs à tournertoute PEcriture en allégorie. L’abus tju’il en tàisoit lui a attiré derudes censures de plusieurs autres Pères de PEglise. Le SavantEvêque d’Avranches donne la liste de cesCenseursavecl’indica-tion de quantité d’endroits ou Cstigène détruit le tens littéral del’Ecriture,pour y substituer ses allégories. Les écarts des Anciensauroientdû rendre les Modernes plus réservés. *Euretière Dicí.Pluet. Origeniana lib. %.cb. 2. quaji. 13. Barbeyrae traité de laMorale des Pères, c. 7.

ALLEMAGNE, 011 ALEMAGNE, pays cl’Europe , avec ti-tre d’Empire, Germania . Elle comprend tic vastes Provinces,très-fertiles, & des villes trés-magnifiques. Cependant, s’il en fautcroire les Historiens anciens,este ne renfermoit autrefois qtie desdéserts stériles, des montagnes inaccessibles, dévastés forêts, degrands marais ; & tout cela n’étoit habité que par des hommesbarbares, & semblables auX bêtes farouches. Voici ce qu’endit Tacite , qui s’est attaché à découvrir une partie de ce quiregarde ce pays : „ L’Allemagne , dit cet Historien, est renfer-,, niée entre Je Rhin, le Danube , l’Océan, hormis du côté de„ la Pologne & de la Hongrie ; & elle a pour bornes des mon-tagnes, où font des nations très-belliqueuses. L’Océan y for-„ me de grands golfes & des Isles immenses. Le Rhin prend,, là source chez les Grisons , L descendant du sommet des AI-„ pes, va le décharger bien loin dans la mer du Septentrion, en,, gauchissant un peu versl’Occident. Le Danube tombe du mont,, Abnobe, & va se rendre dans la mer Noire par six emboûchu-,, res ; car la septième sc perd dans des marécages. On dit,, quEíercule a été en ce pays, & q u’Ulysse même dans ses longs,, & fabuleux voyages, fut porté par la tempête en Allemagne , où,, il bâtit une ville fur le bord du Rhin , qu’on nomme encore,, Ascbelbourg , du nom grec qu’il lui donna. On ajoute qu’il y,, avoit un autel qui lui ctoit consacré, sous le titre de fils de,, Laèrte ; & qu’il reste encore des monumens avec des inlcrip-„ tiens grecques fur les frontières des Grisons & de l’Allemagne :,, ce que jene voudrois ni assurer, ni révoquer en doute. Voi-là ce que Tacite dit de ce pays,

LE N O M D’ALLEMAGNE , ET L’ORIGINE

de lès souples.

Les Auteurs ne font point d’accord fur l’origine de cet afteiennom de Germanie , & de Germains qu’on donnoit à l’Allema-gne, & aux peuples qui fhabitoient. Si nous éxaminons néan-moins le sens de César dans ses commentaires, de Tacite , deDion, & des antres Ecrivains de l’antiquité, nous trouveronsque ce nom fut donné à ces peuples par d’anciens Gaulois , &qu’il fut attribué aux cinq petits peuples des Eburons, des Con-druses, des Segnes, des Cerclés & des Pemanes, qui occupoientle pays où sont aujourd’hui l’Evêché de Liège, & les Duchés deLimbourg, & de Lunebourg . En éffet, ceux-ci ayant quitté leurpays, & passé le Rhin, pour venir s’etablir dans la Gaule , ilsprirent le nom de Tongres , comme il est facile de le voir dansles Histoires des derniers tems de PEmpire Romain. Tous cespeuples furent appelles du nom de Germains ou de Frères, qu’ondonna ensuite à ceux qui demeuraient au-delà du Rhin . LesGaulois les appelloient ainsi, quoiqu’entr’eux ils ne se servissentque du nom de Die Teutijcbe òu Teutons, qu’ils avoient formé deTbeutb , qui est celui que plusieurs nations ont donné à Dieu ,se persuadant qu’ils étoient descendus de lui ; & de Man, nomqu’ils donnoientau premier de tous les mortels. Us croient aussique le nom de Germain est venu de celui de Germanise»,& que par Man, lignifiant Homme, on a voulu marquer en leurlangue qu’ils n’avoient rien que de viril. Le mot à’Allemand ouAllemannen , a la même origine, selon eux. D’autres croyentque ce nom de Germain elt tiré de celui de IVeeren, qui veutdire, se défendre, ou de Werren, qui lignifie dißuter & querel-ler'. & qu’ils ont été appelles Weenmms , Gucrrcmans & Ger-mains, comme qui diroit, peuple guerrier U aimant les com-bats. Peut-être aussi que le nom d ’Allemands vient de celui desAlains. Quoi qu’il en soit, le nom de Germain & de Germanieétoit un nom récent du tems de Tacite ; & il y a apparence queles peuples qui se liguèrent ensemble contre lés Romains, ne leprirent que pour marquer leur confratérnité & leur union. Quel-ques-uns de leurs Auteurs les font descendre d’Alchenaz fils deGomer, & petit-fiís de Japhet ; mais fans s’arrêter à cette originepeu certaine, il suffit de remarquer en général qu’il y a plus d’ap-parence que de divers peuples qui sont venus s’étáblir en Alle-magne, les uns font sortis des Gaules , & les autres de la Sey«t hie, de la Pannonie, & du pays des Daces .

BORNES ET LIMITES DE L’ALLEMAGNE .

Les plus anciens Géographes ont resserre l’Allemagne entre lestners Baltique & Germanique au Septentrion, & entre les rivièresdu Rhin à l’Occident, du Danube au Midi & de la Vistulc à PO-rient Elle gardoit encore les mêmes limites, lorsque Charle-magne entreprit de la subjuguer. Mais depuis on y ajouta plu-sieurs autres pays jusqu’en Italie . De-là vient qu’aujourd’hui lesAuteurs marquent diversement les bornes de P Allemagne ; parceque quelques-uns y comprennent les conquêtes que la France afaites fur elle ; les autres, les Pays-Bas , qu’on nomme la tìajjìAllemagne ou la Germanie Inférieure -, & d’autres, ce que lesSuédois y ont d’tm côté, & les Suisses de l’autre. Mais, selonVopinion la plus commune, FAllemagne est bornée maintenant

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au Septentrion par la mer Baltique , par le Dânemarck, L parla mer Germanique; au Midi par Fl taste & les Suisses ; àl’O-rient par la Prusse, la Hongrie & la Pologne ; & au Couchantpar les Pays-Bas, la Lorraine & la Franche-Comíé. Ainsi le Pa-fatinut, Cologne, Trêves , Liège, &c. qui festoient autrefois par-tie des Gaules , sont incorporés à la Germanie ; & au contraire,la Frise, Groningue, Overissel , en ont été démembrés pour êtreunis aux Pays-Bas .

division de l’Allemagne ,

Depuis le règne de Charlemagne, on divise l’AllemagneenHaute & en Balle. La Haute Allemagne vers le Midi, comprendPAlface, le Palatinatdu Rhin, la Franconie , la Soríabe, la Ba-vières la Bohême, la Moravie, PA u tri ehe, la Carinthie , la Çar-niole, la Stirie, le Tirol, les Suisses, les Grisons , &c. Les Pro-vince, de la Baise Allemagne, vers Je Septentrion, font le baspays du Rhin, Trêves, Cologne, Mayence, la Westphalie , lepays de Hesse, Brunswick, Thuringe , Miffiie, Rosace, hauteSaxe fur l’EIbe, basse Saxe fur l’Elbe , Mcklembourg, Lawem-bourg, Brandebourg, Magdebourg, & Pomeranie . U y a en-core une autre division de PAllemagne qui est très-commode,& qui la distingue en celle qui est aux environs du Rhin , cellequi est aux environs du Danube , & celle qui est aux environsde l’Oder, de l’Elbe & du Veler. On met dans la premièrePAlface, le Palatinat du Rhin, la Franconie , les Electorats deAI a yen ce, de Trêves & de Cologne , les Etats de Cleves & deJuliers, la Westphalie & le pays de Hesse . Celle qui est auxenvirons du Danube, comprend la Soiiabe, le pays des Suisses ,Augsbourg, Constance, le Duché de Wirtemberg, la Bavière ,le Tirol, Saltzbotirg, Passaw, Ratisbonne , &c. & F Autriche,qu’on met avec la Stirie, la Carinthie, la Carniole , &c L’Alle-ttiagnequi elt arfx environs de J’Elbc, de POder & du Veser,comprend la Bohême avec la Sileiie, la Moravie L la Lusace ;la haute Saxe, avec le Brandebourg & la Pomeranie , & la baffeSaxe, avec les Archevêchés de Magdebourg & de Brémen ; lesEvêchés d’Halberstat, de Fcrden, & d’Hildesheim ; &. les Duchésd’Holltein, de Lunebourg, Brunswick , &c.

DIVISION DE VEMPIRE PAR CERCLES.

Ï 1 y a encore une autre division de PEmpire en dix Cercles,qui fut faite en 1512. par FEmpereur Alaximlien I,

1. Le Cercle d’Autriche comprend l’Archiduché d’Autriche,la Stirie, la Carniole, le Windifmarck, la Carinthie & le Tirol,avec les Evêchés de Trefite & deBrixen. Autrefois les Comtésde Schombourg, de Hardek & de Riggendorf ; les Seigneuriesde Loscnttein & de Wolckenstein ; les Evêchés .de Gurck, deChiemsce, de Lavant & de Selkow, avec les Bailliages ou Com-nianderies d’Autriche & d’ Adele, étoient au nombre des Etatsde PEmpire; mais l’Empereur, Archiduc d’Autriche, les a faitrayer de la matricule.

2. Le Cercle de Bavière renferme les Etats séculiers & les Etatsecclésiastiques. Les séculierssont le Duché électoral de Bavière ,le Duché de Neubourg, la Principauté de Sulzbach, le Land-graviat de Leuchtemberg, le Comté de Meichfelrein & de Wal-deck, le Comté d’Ortembourg, la Baronie de Sultzbourg, &laVille impériale de Ratisbonne. Les Etats ecclésiastiques fontl’Archevéche de Saltzbourg, les Evêchés de Ratisbonne , de Patfa w, de Pressingen, les Abbayes de Waldfassen, de saint Eme-ran, &c. Le Comté de Hag est rétini au Duché de Bavière.

3. Le Cercle de Soûabe comprend divers Etats ecclésiastiques& séculiers, & quelques villes impériales. Les Etats ecclésiasti-ques font FEvêché de Constance (dont la Capitale est Merspourg;parce pue la ville de Constance appartient à PArchiduc d’Autri-che) PEvéché d’Augsbourg, (celui de Cotre n’est plus de PEm-pire, & il appartient aux Grisons, alliés des Suisses , ) les Ab-bayes de Kemptcn, d’Ursperg, de Reichenaw, de saint Ulrik,de Maulbrun, &c. la Conitiancserie au Bailliage rì’Allàce.la Com-manderie d’Alschauíèn, &c. Les Etats séculiers, font le Duchéde Wirtemberg, le Marquisat de Baáe-Baden & de Bade-Dour-lac, la Principauté de Hohen-Zokrn, les Comtés de Pudient-berg, d’Oltingen, d’Hoem-Ems, de Sultz, &c. Le Comté deMontfort (dont la Capitale est Tettung, parce que Montfort està ìa maison cPAutriche.) Le Comté de Tubingcn est uni au Du-ché de Wirtemberg. Les villes impériales font, Ulm, Augsbourg,Nordlingen , Hall, Rothwil, Ostembourg, Yíny, Bi brach, &c,(Saint Gai, Schaffoufe, &c. ne font plus villes impériales.)

4. Le Cercle de Franconie contient les Evêchés de Bamberg ,

de Wirtzbourg & d’Aichstet, la Principauté du Grand-MritredePOrdre Teiitonique (dont la Capitale est la ville de Mariendal)les Marquisats dc Brandebourg, Culenbach ou Culmbath, «d’Onfpach ou d’Anfpach; les Comtés de Henneberg, de Hp-henloë ou Holach, deCastell, de Wertheim , de Reineck, dm-pach, & de Schwartzenberg; lesBaronies de Limbourg « £ ®Sinzheim ; les villes impériales de Nuremberg , dé Rothenboufgfur le Tauber, de Windsheim, de Schweinfurt , de Weiflem-bourg en Nordgaw, Sc. a ut»,T

§. Le Cercle de la haute Saxe comprend les EvecheS de inen»sen, de Mersbourg & de Naumbourg ; (ceux de Brandebourg,de Havelberg , de Lebuss & de Komin, sont sécularises, « ap-partiennent à FElecteur de Brandebourg) les Abbayes de Sahen,de Ritterhausen, &c. le Duché & Elcctorat de Saxe , les au tDuchés de la maison de Saxe, comme Saxe-Mersbourg, sax »Meisten, Saxe-Oltimbourg, Saxe-Weimar , &c. L’Electorat 0Brandebourg, le Duché áe Pomeranie, la Principauté d Anna» »