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Tome II
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me, qui est st ordinaire parmi les Bracmines habitans fur les cô.tes de Coromandel : dès que le mari est mort, fa femme, & toutesses femmes, s’il en a plusieurs, sont obligées de prendre leurparti, & de se íàire brûler toutes vives lur un bûcher avec lecadavre du défunt : on jette dans le feu de 1 huile, gomme <feautres matières combustibles. Si une femme refuse de se faireainsi brûler, pour tenir compagnie à son mari, elle passe pourune misérable le reste de ses jours ; mais celles qui courent aubûcher avec joye & avec tendresse pour leurs défunts , font re-connues & déclarées publiquement pour femmes de bien, &d’une vertu héroïque ; en un mot dignes de vivre à jamais dansl’autre monde avec leurs maris. On dit que cette coutume s’in-troduisit dans l’Isle de Baly, par un Roi du pays, afin d’arrêtetpar ce moyen ^infidélité & la perfidie des femmes, parce que,dès qu’elles s’avisoient de se lasser d’un mari, elles employoient lepoison & toutes sortes de stratagèmes pour s’en défaire. Le Prin-ce perdoit ainsi quantité d’hommes: pour y remédier, il crutréfréner la fureur des femmes, en établissant cette barbare coû-tume. * Mandeslo , voyage des Indes .

BALZAC, (Jean Louis Guez , Seigneur de) natif d’Angou-lême, prit son nom d’une terre qu’il avoir dans l’Angoumois ,fur la Charante. Son père , nommé Guillaume Guez, mort en1650. âgé de près de 100. ans, avoir été au Duc d’Efpernon ,& lui-même s’attacha au Cardinal de la Valette ; ce qui le fitconnoître à la Cour, où il fut estimé du Cardinal de Richelieu ,qui l’honora même de ses lettres. II passa pour l’homme deFrance le plus éloquent, & pour le restaurateur de la langueFrançoise. Cette réputation lui fit des envieux > & on fçaitlesdifférends qu’il eut vers l’an 1627. avec le P. Goulu , Généraldes Feuillans, & avec d’autres. II mourut le >8. Février del’an 1654. L fut inhumé à Angoulême dans l’Hòpital de Notre-Dame des anges, auquel il avoit légué douze mille livres, &ordonna par son testament que l’on le mit aux pieds des pau-Vres qui y étoient déja inhumés. II laissa aussi un fonds de centlivres de rente par an , pour être employé de deux ans en deuxans à un prix de la valeur de deux cens livres. On le donneà celui qui, au jugement de Messieurs de l’Académie Françoise,a le mieux réussi dans un discours fur des matières de piété, ainsique l’avoit ordonné Balzac, qui étoit de cet illustre corps. Quel-ques difficultés survenues dans l’éxécution de son testament, fu-rent cause que ce prix ne put être proposé & donné qu’en l’aa-née 1671. après que Messieurs de í’Académie Françoise eurentfait feavoir que le sujet proposé suivant l’intention de M. de Bal-zac , pour faire les discours, feroit de la louange fjcf de la gloire}m'elles appartiennent a Dieu en propriété , U que les bonunes enfont ordinairement les usurpateurs. Non nobis Domine,sed nomì -ni tua dagloriam. La valeur de ce prix est ordinairement em-ployée à un Crucifix , à un S. Louis, ou à quelqu’autre piècede piété, qu’on donne le 25. d’Août. Nous avons diverses édi-tions des œuvres de M. de Balzac, entrautres, une en deux vol.in fol. avec une fçavante préface de AI. l’AbbéCassagne , qui étoitaussi de l’AcadémieFrançoise, & sous-Bioliothécaire de la biblio-thèque du Roi. Balzac faisoit bien des vers latins, & on en a de luiqui sont dignes des siècles de la plus pure latinité. On a un re-cueil de ses vers, partagés en 3. livres. Ce sont des pièces mê-lées de différentes espèces de vers. Quelques-uns estiment queles Epiques & les Elégiaques sont ce qu’il y a de meilleur; & ilsdonnent le prix entre les Epiques à son Christ vifiorieux , & àson Amynte , entre ses élégies. * Lettres de M. Costar. tom. II.lett. XXIV. depuis la page ;6y. U J'uiv. Olaíis Borrichius, disser-tât. desPoetes Lat. pag. 11 r. & 112. n. 12;. Bailler, jugemens desfçao.Jur les Foét.med. tom. VIII. Mémoires dutems.

BAM, ville de la Province de Kerman ou Caramanie Persi.que, plus grande que celle de Sirest. Elle est au 94. degré delongitude, & au 28. degré ;o. minutes de latitude septentriona-le. * d’Herbelot, bibliothèque orientale.

BAMBA . Province du Royaume de Congo en Afrique > avecun bourg de même nom , vers la côte de !a mer, entre Loandra& la rivière de Zaire. On lui a même donné le titre de Duché depuis quelques années.

BAMBA, Province de l’Amérique méridionale, au Royaumede Popayan , & vers la ville de méme n om, sous la domina-tion des Espagnols , qui y ont quelques bourgs. * Jean deLaét.

BAMBA, Anciennement Gueritum ; c’étoit autrefois une vil.le épiscopale de l’EspagneTarragonoise ; mais cen’estplus pré-sentement qu’un village de la vieille Castille, à trois lieues de laVille de Valladolid .

BAMBA ou WAMBA, Roi des Wisigoths en Espagne , étoitsorti du sang royal & fut mis furie thrône le méme jour de la mortdeReceswind ou Recefwinde, le 1.Septembre 672. Après les céré-monies de son couronnement, il fçut que Hilperic ou Hilderic ,Comte de Nîmes , avoit chassé le Prélat de cette ville, nomméAregius , & avoit mis en fa place l’Abbé Ranimír fa créature ;qu’outre cela il avoit rétabli les Juifs, & commis quelques vio»lences^ dans la Province de Languedoc . Ces violences l’obligè»rent d envoyer contre Hilderic une armée commandée par unseigneur nommé Paul , sorti du sang de son prédécesseur. Maisce dernier ayant traité avec le Comte, fe fit couronner Roi àNarbonne , & pilla toutes les Eglises de la Province. Bambavmt punir cettejâchete en 67;. A son retour il fit périr une ar-mée de cent soixante navires Arabes , qui a voient passé d’Afri.

I

BAM

oue en Espagne . Sept ans après F.rvige, fils d’un Grec nommeJdabaste, que les Empereurs de Constantinople avoient exilé enEspagne , & qui avoit épousé une cousine de Recesvinte , fit don-ner un poison lent au Roi Bamba, qui se retira dans un Mona-stère le 14. Octobre 680. après avoir regne 8- ans, un mois <L14. jours. Lei. canon du Vil 1. Concile deTolède, qui fut af-semblé l’an 681. pour sélection d’Ervige , remarque que Bambalui céda le thrône. Bamba vécut encore 7. ans & 3. mois, ou12. ans, Selon Julien, dans cetce maison religieuse. * Rodenc,1 . 2. Çgfiav. Mariana, hiß. dlEJ'p. L 6.

BAMBAR A , Royaume d’Afrique dans le pays des Negres. U

est assez grand, auNord-Est de la rivière de Gambie .

«j BAMBERG , ville d’AIIemagneenFranconie, avecEvechequi dépend ímmediatement du saint Siège . Elle est situee furune colline , un peu au dessus du confluent du Mein & duRednitz . Les Auteurs qui écrivent en latin, font nommée Bam~berga , Paniberga , Papeberga, Badenberga. D’autres ont cruque c’est 1 e Bergium des Anciens; mais Bamberg n’a été bâtisqu’environ dans le X. siécle. Cet Evêché, qui confine avec laBohême, le haut Palatinat, les Marquisats de Culenbach &d’Anfpach, & avec l’Evéche de Wirtzbourg, fut fondé l’an 102;.par l’Empereur Henri 11 . qui lui fit donation du Comté de Bam-berg , dont l’Empereur Othon III. l’avoit investi, après la mortdu Comte Albert, qui ayant été livré à ses ennemis par la trahi-son de Gatten Archevêque de Mayence , avoit été mis à morten 90;. 11 y joignit d’autres biens, situés dans la Carinthie ,& le Château d’Abach proche de Ratisbonne ; & il y établitEverard son Chancelier, pour premier Evêque. Entr’autres pri-vilèges qu’il accorda à cette Eglise, il y en a deux très consi-dérables; le premier est de relever immédiatement du saint Siège ,& de précéder tous les autres Evêques d’AUemagne > ce qu’iln’obtint du Pape Benoit VIII . qu’à la charge d’une redevance an-nuelle de cent marcs, d’argent, & d’un cheval blanc harnaché.Le second privilège est fondé sur un édit qu’on nommele fil de foie de sainte Cunegonde , par lequel il ordonneque les quatre grands Officiers de l’Empire seront ses Offi-ciers héréditaires , & lui feront hommage de leurs charges,& de quelques portions de leurs Etats. Ainsi, le Roi de Bohême est son grand Echanson, & lui fait hommage pour la ville de Pra-gue; l’Electeur de Bavière est son grand Maître , &fait foi pourAversbach ; l’Electeur de Saxe pour Witteberg & Trebitz, enqualité de grand-Maréchal ; & l’Electeur de Brandebourg pourCustrin , comme grand Chambellan . C’est ce qui a donné lieuà l’erreur de ceux qui prétendent que ces Electeurs soient vassauxde cet Evêque, pour leurs charges de grands Officiers de l’Empi-re. Ils ont même des Vicaires particuliers pour ces charges, quifont hommage, & assistent à toutes les fonctions de Rentrée &du sacre ; le Seigneur d’Auffzas Fest pour le Roi de Bohême ;le Baron Fructifies de Pommers-felden, pour le Duc de Bavière ;le Maréchal d’ Ebner pour le Duc de Saxe; & le Seigneur dc Ro-thenhahn » pour le Marquis de Brandebourg . Suidger , Evê-que de Bamberg, fut élevé à la Papauté, sous le nom de Ciemmt//. après que l’Empereur Henri III. eut fait déposer le Pape Gré-goire VI. au Concile de Sutti, & fous le Pontificat de Leon IX .l’Eglife de Bamberg fut affranchie l’an 1093. de la redevancequ’elle payoit au saint Siège , auquel cet Empereur donna enéchange la ville de Benevent.

Cet Evêché a une étendue assez grande, & renferme plusieursBailliages, dont les principaux font ceux de Staffelstein , Scher-litz, Lichtenfels, Wiefman, Roéting, Steinach , HoclíetNie-stéien, Hertzogen-Aurach , Weifchenteld, & Kupfersberg. Bam-berg en est la ville capitale; elle est située au confluent du Mein & du Regnitz, 8 c a été ainsi nommée de l’ancien mot Babenberg tqu’on croit lui avoir été donné par Babe, fille de l’EmpereurOthon II. qui la fit aggrandir j l’Empereur Henri II. fit bâtir sesmurailles. Les autres villes de cet Evêché, font Forchcïn, auconfluent du Visent & du Regnitz, &Cronach, au confluent duCronach & de l’Haslachen ; .ces deux villes sont assez bien sorti,fiées. II y a encore quelques châteaux assez bons fur la fron-tière de Bohême ; comme ceux de Kupffersberg & de Boden-stein. Les Bailliages qui sont dans la Carinthie , sont gouver-nes par unVicedome, qui est ordinairement un Chanoine dugrand Chapitre. Leur étendue est en longueur de 48. lieues deFrance, & de 16. en largeur : les principales places sont Villach ,w olfsberg, Lavental & Greiffen. Les Archiducs d’Autriche, de-puis Ferdinand premier ont disputé l’immunité aux Evêques , pré-tendant qu ils sont Etats provinciaux de Carinthie, & par consé-quent obligés de payer les charges du pays, outre le contingentqu ils payoient à l’Empire , comme membres du Cercle d’Autri-che. Les Evêques en avoient fait souvent des plaintes aux Diètes :ce différend a été depuis terminé par une transaction. Les sujetsde cet Evêque professent la Religion Catholique, & ne peuventappeller de fa justice. II y a à Bamberg une Université, sondéepar ^1 Evoque Melchior Otton Welt dc Saltzbourg , motten

L’Evêque de Bamberg est Directeur du Cercle deFranconie.

xerceroient conjointement à perpétuité > que quand l’un deuxjuçeroit à propos d'assembler les Etats du Cercle, l’autre n’y pour-roit apporter aucun empêchement : mais que l’Evêque de Bam-berg auroit seul le droit de faire les propositions , de recueillirles suffrages & de dresser les conclusions. Si on élisoit un Em-

pereur