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Tome II
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dît de prendre les marques de fa Légation . Néanmoins cettedifficulté fut levée ; & le Légat retourna promptement à Rome ayant fqù la mort de Sixte IV . qui lui avoit donné l’Evéchéd’Albe. Le Pape Innocent VIII . le nomma Evêque de Prene-ste, & Légat de la Marche d’Ancone. Enfin il mourut en Octo-bre 1491. étant alors septuagénaire. Son corps fut apporté àRome , & déposé en f Eglise de Sainte Praxede, où se volt sonépicaphe, ayant éprouvé en sa vie la bonne & mauvaise for-tune.

II eut pour frètes Nicole , qui fuit. Pierre, mort fans allian-ce, & N. Baluë, Evêque de saint Pons de Tomieres.

II. Nicole Baluë acquit les terres de Villepreux, de Fontenayen France , deNoisi-le Sec, des Percherons, cleGoiiaix, deMon-tramé & des Cervolles, fut reçu Clerc des comptes en 1466.puis Maître des comptes en 1467. & mourut en tyotì. 11 épou-sa Philippe Bureau , fille de Jean Seigneur de Monglas , Maîtredes comptes & Trésorier de France; & de Germaine Hefselin,dont il eut Jean Bureau Vaine', Seigneur de Villepreux , de Goii-aix & de Fontenay en France, Curé de saint Eustache à Paris ,grand Archidiacre d’Angers & de Souvigni en l’Eglife de Cler-mont en Auvergne, mort en 1528. Jean Baluë le jeune quifuit. Philippe, Seigneur d’Ermetôt de la Mote-Bonot, mort fansalliance. Marie, alliée à Guillaume de la Villeneufve, Seigneurde Bailli-en-Cruye & de l’Hebergerie, morte en iyi8. Germai-ne, mariée t°. à Charles bâtard d’Alenqon, Baron de Cany & deCaniel en Normandie . 2 0 . à Claude, Brínon, Seigneur de Plef-íis-aux-Tournelles. Etiennette, Dame des Percherons, qui épou-sa Gérard le Cocq, Seigneur d’Esgrenay, Maître des requêtes^ &Marguerite Baluë, morte lans alliance.

III . Jean Baluë le jeune, Seigneur de Villepreux, de Goviaix,d’Ermet, de la Mote-Bonnot & de Cervolles , Maître d’hôtel duRoi & de la Reine de Navarre, Ecuyer tranchant du Dauphin,vivoit en 1 s ao. & eut de Marie Malingre fa.femme, fille de JeanMalingre, Conseiller au Parlement, Louis qui suit. Claude, dontla postérité sera rapportée après celle de l'on frère aîné; & An-toinette Baluë, mariée à François de Monthez, Seigneur de Mont-fort & du Breau.

IV. Louis Baluë, Seigneur d'Ermet, épousa en Août 154;. Isa.belle Spifame, fille de Gaillard, Seigneur de Bisseaux > & d’Annede Marie, fa première femme, dont il eut Jean, mort j.une.Charlotte , mariée à Charles Bertbier, Seigneur de Bizy en Niver-nais ; Françoise & Antoinette Baluë.

IV. Claude Baluë, fils de Jean le jeune, & de Mark Malin-gre, fut Seigneur de Villepreux , & mourut le iy. May 1570.laissant de Marthe du Thinel, qu’il avoit épousée en Févrieriy6y. pour fils unique Claude, Baluè, Seigneur de Villepreux,mort le 27. Janvier 1576. * Philippe de Comines . Le conti-nuateur de Monstrelet . Robert G iguin. Paul Emile. Mathieu& Mezeray , en Louis XI. fèf Charles VIII . Aubery, hijlorie desCardinaux. Sponde , A. C. 146y, n. 4. 1480. ». 4. I48y. ». J. LeP. Anselme, hiß. des grands Officiers.

BALUZE (Etienne) ne à Tulle le 24. Novembre 16} 1. estun des Autèurs du XVII. siécle qui a rendu le plus de lèrviceàl’Eglise, & à la République des lettres, par l'applieation con-tinuelle qu’il s’est donnée de rechercher de tous côtés les ma-nuscrits des bons Auteurs, de les conférer avec les éditions, &de les donner ensuite au public, avec des notes pleines de re-cherches & d’érudition , suivant en cela les traces du Père Sir-motid. Etant encore écolier, il fit imprimer en r6yr. un li-vre intitulé, Antifrizonitu, contenant des remarques fur l’ouvra-ge que M.Frizon Docteur de Sorbonne, avoit donné au public,fous le titre de Gallia purpurata. £n l’année róyy. il lit enco-re imprimer à Tulle une petite dissertation, pour marquer le sié-cle auquel avoit vécu Sadroc (en latin Sacerdos ) Evêque deLimoges . L’année suivante, il publia au même endroit unedissertation, touchant les reliques de saint Clair, de saint Lo,de saint Baumade, & de saint CI fard, que l’on conserve dansl’Eglise de Tulle, où elles furent transférées dans le tems de l’in-cursion des Normands. II fut invité l’an iôyó. de venir àParis, par M. de Marca, Archevêque de Toulouse , qui le prit au-près de lui en qualité d’homme de lettres, auquel il demeuraattaché tant qu’il vécut, Après fa mort il fut obligé de cher-cher un autre Mecene. 11 fut prévenu par M. le Testier, depuisChancelier de France, qui dans le dessein de f attacher à f Ab-bé le Tellier, son fils, depuis Archevêque de Reims , lui fit plu-sieurs gratifications, que la reconnaissance lui a toujours faitpublier. Ensuite avec i’agrément de AI. le Tellier il fut choisipour Bibliothécaire par M. Colbert, 8c ne contribua pas peu, parses foins & par ses connaissances à embellir & à perfectionnercette riche bibliothèque. L’Abbé F âge t aïant fait en 1668. im-primer quelques ouvrages de M. de Marca son parent, disoit dansla vie de ce Prélat, qu’â l’articie de la mort il avoit ordonné auSieur Baluze de remettre tous ses papiers entre les mains du Pré-sident de Marca son fils. Ces paroles mirent de mauvaise hu-meur M. Baluze,d ’ailleurs doux, & occasionnèrent des lettres fortdures entre lui & l’Abbé qui ont été imprimées. 11 fut nom-mé en 1670. Professeur en Droit canon au Collège royal deFrance, chaire nouvellement érigee par fa Majesté dans ce Col-lege en fa faveur. II donna plusieurs éditions du livre de M.de Marca, de ConcordiaJdcerdotii es intperii, avec la vie de cefqavant Prélat, & des monumens anciens ; un supplément au li-vre cinquième, qui étoit demeuré imparfait, & des notes. L’E-glise & le Royaume de France lui doivent la belle édition descapitulasses de leurs Rois, rangés dans leur ordre , aufquels il ajoint les collections d’Anfegile, & de Benoît Diacre, qu’il a en-

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richies de notes; ils composent deux volumes in sol. imprimés &Paris en 1677. 11 n’a pas rendu moins de service à l’Eglise Ro-

maine , par sédition des épîtres d’lnnocent III. en deux volu-mes in fil. qui parurent en 1682. 11 entreprit une nouvellecollection des Conciles , pour servir de supplément à celle duPère Labbe, dont le premier volume, qui va jusqu’au Concilede Calcédoine , fut imprimé en 168;. Le dernier des volumesin fol. donné par M. Baluze , est celui qui est intitulé , MarcaHijfanica, la Marche, ou les limites de í’Espagne, ouvrage post-hume de M. de Marca, qui contient une histoire de la Catalo-gne , du Roussillon, & des peuples voisins. Les vies des Papesd'Avignon , ou f histoire des Papes qui ont tenu leur siège enFrance , depuis l’an ijoo. jusqu’à l’an 1376. composent deuxvolumes in 4 0 . que M. Baluze donna en 169;. Cet ouvragelui procura une récompensé. Le Roi le gratisia d'une pension ,& lui donna la direction du Collège Royal ; mais il n’en jouîtpas longtems. 11 donna encore au public une grande quanti-té d’Auteurs en volumes m ottava ; fqavoir, Salvien, & Vincentde Lerins, en 166;. Loup de Ferneres en 1664. Àgobard , A-molon, Leïdtade, & un traité de Flote Diacre en 1666. Quator-ze homélies de Lésasse d’Arles en 1669. Les Conciles de laGaule Narbonnoise en 1688- Reginon en 1671. Le traité d 'An-tonias Augußinus , fur la correction de Gratíen en 1678- Ma,riut Mercator. en 1684-Outre cela il publia six volumes in oHavode diftèrentes pièces, intitulés Mijcelhmea, c’est-à-dire, œu-vres mélangées, & des opuscules de M. de Marca. II travaillaà quantité d’autres ouvrages, & particulièrement fur les œuvresde saint Cyprien, qu’il a conférées avec vingt-cinq anciens ma-nuscrits. 11 étoit trés-versé dans la connoissance des manuscrits,des titres, & des livres imprimés de tout genre. 11 écrivait bienen latin, sijavoit l’Hiltoire écclésiastique & prophane, le Droitcanonique, ancien & moderne, & a bien lû les Pères. II étoitdoux , agréable, bienfaisant, communicatif, aimant ceux quitravaillaient, & les aidant volontiers de ses lumières, de ses mé-moires & de les manuscrits. L’Histoire généalogique de la mai-Ion d’Auvergne qu’il donna en 1708. en deux volumes in fol.qu’il avoit entreprise parles ordres du Cardinal de Bouillon au-quel il étoit attaché depuis quelque tems, lui attira une lettrede cachet qui le reléguait à Lyon . Tout ce qu’on put faire eafa faveur fut d’empecher un si grand éloignement. II fut rélé.gué successivement à Rouen, à Tours, & à Orléans . On le rap-pella après la paix; mais il perdit pour toûjours, la place deDirecteur & de Professeur du Collège Royal, aussi bien que fapension. Lorsqu’il lut revenu de Ion éxil il donna un sep.tième tome de ses MiJceUanea, Hßoria Tuteüenßs , in sol. &mourut le 28. Juillet 1718- âgé de près de 88. ans. * Journaldes Jçav. de Park. AI. Du Pin, biblioth. des Aut. écclés. duXVII. fiele, tom. V. Mémoires pour Jervir a l’Hß. des born-mes illustres T. 1. p. 194. esc.

BALY, le Royaume de Baly, Royaume d’Afrique, dansl’Abyllìnie ou haute Ethiopie , & en fa partie méridionale, versle Royaume d’Adel. II est séparé en deux par la rivière d’A*saxe, qui le traverse , & a été occupé depuis long.tems par lesGalles, qui le tiennent encore, & qui de-là ont fait de gran-des invasions dans l’Abyssinie. * Jérôme Lobo, Portugais .

BALY , Ba/ya , Isle de la mer des Indes, àl’Orient de l’Isle de Java, dont elle est séparée par le détroit de Balambuam.Elle n’aqu’environquarante lieuës de circuit, mais elle est fortpeuplée ; car il n’y a point d’hommes qui n’ayent plusieursfemmes, defquelles ils ont un très-grand nombre d’enfans: enforte qu’on tient que cette Isle peutnourir elle feule 600000.personnes, le pays etant trés fertile. Les hommes font noirs, &ont les cheveux fort crépus. On y volt quantité de bestiaux,de gibier & de volaille. La terre y produit du ris en abondan-ce , dont le transport hors de fl sie est défendu ; mais le fruitdont ils font le plus de cas chez eux, est le cocos , dont lachair est d’un goût exquis : ils ont coûttime d’en éxtraire unehuile très-faine. Les chevaux de cette Isle font pïtits, fortretfemblans à ceux de France : ils n’endurent que difficilement uncavalier armé de pied en cap. Les gens riches parmi eux sefont porter sur les épaules des esclaves, ou traîner dans des charsqui (ont tirés par des bustes. II y a des forêts d’orangers, de ci-tronìers & de grenadiers , & beaucoup de coton , quifait une partie de leur travail & de leur commerce, lisn’ont point de négoce fur mer, si ce n’est leurs toiles de co-ton, qu’ils menent à Java fur de petites barques, nommées par-raos. On y a ausli trouvé des mines d’or, mais le Roi ne veutpas qu’on les ouvre, de peur de donner à ses voisins f envie d’yvenir fouiller. II a néanmoins une grande quantité de vaisselled’or pour son usage. Les habitans font Payens, & adorent cequ’ils rencontrent le matin au sortir de la maison. 11s ne por-tent point de barbe, & ils se Panachent, dès que le poil com-mence à paraître- Ils n’ont presque point de commerce. C’estnéanmoins une rade commune pour les navires qui vont de laTerre-ferme aux Aloluqes, à Banda, à Ambon , à Maccardo,à Tincor & Solor ; car ils y sont aiguade , & y prennent des ra-fraichissemens, parce que les vivres y sont à trés-bon marché.La Capitale, qui donne le nom àl’lsle, est très-belle, & le Roiy a un íuperbe palais. II sc montre sort rarement ; & on s’a-dresse ordinairement au Ministre d’Etat, qu’ils appellent Quil-lor, sous lequel il y a plusieurs Gouverneurs de Provinces. Lepeuple y aime & respecte extrêmement son Roi, quoique ce Prin-ce soit rude & impérieux, & s’oppofe avec un courage extra-ordinaire à tous ceux qui veulent troubler le repos de PEtat.Ces Insulaires ont encore parmi eux cette malheureuse coútu-