Lé ç-, jour de la cinquième lune, ils célèbrent encore une Festesolennelle , aussi bien que le i de la huitième lune.
Les Indiens ont ausli différentes festes en l’honneur de leursidoles, tant en Automne, qu’en d’autres teins de Tannée ; & gé-néralement on peut dire que tous les peuples, qui ont eu quel-que Religion , ont aussi eu leurs festes. * y oyez les rélations bi -storiques de l’Empire de la Chine.
t FESTES des Perufttns. Sous le règne des The as il y avoitquatre fêtes, dont la plus considérable étoit celle que le Roy cé-lébrait Cuzco à Thonneur du soleil. On la nommait TntìpRay mi , ce qui signifie fête solemnelle du soleil. Elle étoit fixéeaprès le solstice d’Èté. On avoit pour but i°.dans cette solemnité,demanifester qu’ils adoraient le soleil comme le seul Dieu souverain,
& universel, qui par sa lumière & par sa chaleur vivifie touteschoses. 2°. De reconnaître que le soleil étoit le père du premierTnea , Manco CaPac , & de Coya Mama OeUo Huaco , son é-pouse & de tous les Rays qui en étaient descendus. L’Ynca setrouvait en personne à cette fête s’il n’étoit à la guerre , & tousles Curacas , ou leurs fils , ou quelques proches parens à leurplace. La plupart s’habilloient d'une manière extravagante.Ils se préparaient à cette cérémonie par un jeune fort austère.Ils ne mangeaient de trois jours qu'un peu de Mayz blanc , en-core étoit il cru , avec quelques herbes qu’on nomme Chat um ,& ne beuvoient que de Peau. Ils se séparaient tout ce tems làde leurs femmes , & l’on ne faisait point de feu dans toute laVille. La veille de la fête, les Prêtres rncae , ou du sang royal,préposés pour faire les sacrifices, passaient la nuit à préparer lesvictimes , & ce qu’il salait offrir au soleil. On faisait attentionau nombre des personnes qui dévoient se trouver à la fête, cartous dévoient avoir part aux offrandes. Les femmes du soleil pai-trissoient à leur tour une sorte de petits pains ronds nommésCancte. Tout étant prêt, l’Ynca , ses parens & tout le reste dumonde allaient le lendemain en ordre, dans la place apelléc Hau-caypata. Là ils attendaient le lever du soleil. Dès qù ils levoioient paraître ils se jettoient à genoux pour T adorer ; & lesbras étendus ils baisaient Pair vis à vis du soleil , dans la vuede l’honorer ; comme lors qu’on baise la main du Roy, ou lebord de son manteau. Tout le monde demeurant à genoux , leRoy , qui étoit comme le souverain Sacrificateur, se levoit, &prenait deux grands vases d'or l’un de la main droite & l’autrede la gauche , remplis de leur boisson ordinaire. Alors il invi-tait le soleil à boire croïant que cette Divinité les invitait aussi àlui foire raison , ce qu’on regardait comme une grande marquede bienveillance. Cela fait PYnca versait ce qui étoit dans levase de la main droite, en une cuvette d’or d’où la boisson étoit
Í iortée par un tuyau jusques dans la maison du soleil. Ensuitee Roy buvait dans le vase, de la main gauche & le reste étoitpartagé entre les personnes du lang Royal. Pour les Curacas ilsne buvaient que dc la liqueur que les femmes du soleil avaientpréparée. Cette partie de la solemnité etant finie, on se rendaitpar ordre à la maison du soleil ; tous se déchaussaient à deuxcens pas du temple , excepté le Roi qui avec ceux du sang desYncas , entrait dans la maison du soleil, mais tout le reste de-meurait devant la porte. Alors le Roy offrait le vase où la Céré-monie s'étoitfaite; les Yncas fassoient ensuite chacun son offrandepar le moien des Prêtres , & finalement les Curacas. L’offrandefinie on immolait un agneau noir ; lì le présage tiré du sacrificen’étoit pas heureux, ils présentaient un mouton , & finalementune brebis tachetée. On ne laissait pas de solemniser la fête quoioue les présages ne fussent pas heureux , mais c’étoit avec tri-stesse. Ensuite on égorgeait un grand nombre de victimes dontle sang & le cœur étaient brûlés a l’honneur du soleil, avec dufeu allumé par le moien de ses ratons. Si cela ne se pouvait pas,comme dans un jour couvert , ils en tiraient un mauvais augure.L’on scrvoit de la viande des victimes à tous les assistans , ensui-te ils buvoient jusques à s’enyvrer, l’yvrognerie étant alors leurplus grande passion. * Garcilasso cte la vega bist. des Encor (fc.tom. 2. p. 74. frc.
FESTE-DIEU ; feste très-solennelle dans l’Eglisc Romaineinstituée pour rendre un culte particulier à Jifm-Cbriß , dans lesacrement de l’autel. L’Eglise a toujours célébré la mémoire dePinstitution de ce sacrement ? le Jeudi de la semaine sainte , quiest le propre jour où elle a été faite. Mais parce que les longsoffices & les cérémonies lugubres de cette semaine , ne lui per-mettent pas d’honnorer ce mistère avec toute la solennité requi-se , elle a jugé à propos d’en rétablir une feste particulière leJeudi d’après P octave de la Pentecôte , ou feste de la Trinité.Ce sot le Pape Urbain IV. François , & né au Diocèse de Troyes ,qui ordonna cette solennité en 1264. Jean Chapeauville , grand-Vicaire de l’Eglise de Liège , rapporte dans son histoire , quel’Evêque de Liège avoit déja institué cette feste par tout son Dio-cèse , dans le tems que Jacques de Troyes , depuis Pape , nom-me urbain IV. étoit Archidiacre de cette Eglise ; & que lors-qu urbain sot élevé au Pontificat , il Pétablit par toute l’Eglise,& en fit composer l’officepar le Docteur angélique saint Thomasd Aquin, qui enseignoit alors la Théologie darts Orviete , villeI™! ?“ f a Sainteté étoit aussi. Cet office fut reçu dans PE-glile de Liege , au lieu de celui qui avoit été dressé par un Re-ff §l? u . x de 1 Ordre de Ciseaux, dont on conserve encore les ma-nuscrits a Liege . U est vrai que , comme P Eglise Romaine étoitfactions des Guelphes & des Gibelins, la bulle. Urt ?j*! n * * • P°ur l’inftitution de cette feste , ne put avoir toutIon effet ; mais au Concile général de Vienne, célébré Pan iiji.sous le Pape Clement V. en présence des Rois de France, d’An-gleterre , & d Aragon, elle sot confirmée , & l'on en ordonnaf éxecution par toute PEglise. L’an i;i6 le Pape Jean XXII . y
ajoûta une octave , pour en augmenter la solennité, avec ordrede porter publiquement le saint Sacrement en procession. * Le P,Giry , festes des mystères de l’Eglise. Baillet, vies des Saints.
FESTES DES ASNES , cérémonie que l’on foisoit ancien-nement dans 1 Eglise cathédrale de Rouen, le jour de Noël C’e»stoit une procession , où certains Ecclésiastiques choisis représen-taient les Prophètes dc Pancien Testament, qui avoient préditla naissance du Meslie. Balaam y paroissoit, monté fur une â-nette » & c eit â ou vient le nom de cette cérémonie. On "
enfans dans la fournaise : c est pourquoi on la représentait anmiheu de la nef. La procession qui sortait du Cloître , etant en-ta^ dans 1 Eglise s arrêtait entre un nombre de personnes quictoient rangées des deux cotez , pour marquer les Juifs & lesGentils. Alors les Chantres , ayant dit quelques paroles auxGentils & aux Juifs , appelloient les Prophètes Pun après Pautrequi prononçaient chacun un passage touchant le Meslie. Ceuxqui fassoient les autres personnages , s’avançoient en leur rangles Chantres leur faisant la demande, & chantant ensuite les ver-sets qui se rapportaient aux Juifs & aux Gentils. Après avoir ré-présenté le miracle de la fournaise , & fait parler Nabuchodono-íòr , la Sibylle venoit la dernière. Puis tous les Prophètes &tout le chœur chantaient un motet , par où finissoit cette céré-monie. * Du Gange , gloffirium latìnitatù.
FESiTE DES FOUS : réjouissance pleine de sacrilèges ctd’impietez , que les Clercs , les Diacres , & les Prêtres même cé-lébraient dans quelques Eglises , pendant l’office divin , en cer-tain jour , depuis les fêtes de Noël jusques à celle des Rois, &principalement le premier jour de Pan : c’est pourquoi on Pappel*îoit auslì la fête des Calendes. La lettre circulaire des Docteursen Théologie de la Faculté de Paris , envoyée Pan 1444. à tousles Prélats de France , pour abolir cette détestable coutume,porte expressément, que les Clercs & les Prêtres créoient un E-vêque , ou un Pape , & l’appelloient l’Evêque ou le Pape desfous ; qu’ils entraient dans PEglise masquez, avec des habits deboissons & de femmes ; qu’ils dansoient dans la nef & dans lechœur , chantant des chansons dissolues ; qu’ils mangeoient de laviande sor le bord de l’autel , proche du Prêtre qui offrait lesaint sacrifice ; y joùoient aux dez , & parfumoient l’autel de lafumee de vieux cuirs qu’ils fassoient brûler dans leurs encensoirs ;& qu’enfin ils comettoient des impietez , dignes de Péxécrationde tous les Chrétiens. Belet, Docteur en Théologie de la Facul-té de Paris, qui vivoit Pan ixg2. a écrit que la feste des Soudia-cres, ou des fous, sc foisoit par quelques-uns, le jour de la Cir-concision ; par d'autres le jour des Rois , ou pendant l’octave.II ajoute , qu’il se foisoit quatre danses dans PEglise après la festede Noël ; sç-voir des Lévites ou Diacres , des Prêtresses enfans ouClercs,ct des Soûdiacres. Guillaume Durand,Evesque de Mende,rap-porte que le jour de Noël , immédiatement après vêpres, lesDiacres dansoient dans les Eglises, en chantant une antienne, enl’honneur de saint Etienne ; que les Prêtres en fassoient autant le
Soûdiacres fassoient dans les Eglises le jour de la Circoncision,s’ap-pelloit la feste des Soûdiacres, ou la feste des fous ; néanmoinsle nom de feste des fous se donnoit ausli aux réjouissances impiesdes autres jours que j’ai marquez. Le Père Théophile Raynaud témoigne qu’à la Messe de cette abominable feste , le jour de saintEtienne , on chantait une Profi de l’afne , qu’il a vue dans le ri-tuel d’une Eglise métropolitaine qu’il ne nomme point, & quecette prose s’appelloit ausli la prost des four. II ajoûta qu’sl yen avoit une autre, que l’on chantait à là Messe , le jour de saintJean l’Evangeliste , & que l'on nommoit la prose du bœuf. II estdit dans le Concile de Bàle , qu’en certaines festes de Tannée,quelques-uns revêtus d’habits pontificaux, avec la mitre & la crossse , donnoient la bénédiction , comme les Evesques ; que d’au-tres s'habilloient en Rois & en Ducs ; & que d’autres se masouoientpour représenter des jeux de théâtre. Ce n’estoit pas seulementdans les Eglises cathédrales & collégiales que se foisoit la feste desfous : cette impiété s’estoit glissée dans les Monastères des Reli-gieux & des Religieuses.
M- Du Gange remarque que cette feste s’appelloit en France ,la feste des Soûdiacres , non qu’il n’y eùt queux qui la fissent ;màis par allusion à la débauché des Diacres , qui s’abandonnoientà ces impietez ; comme qui dirait la feste des Diacres sous &yvres. Belet rapporte ausli qu’il y avoit de certaines Eglises , oùles Evêques vers ia fin du mois dc Decembre , joùoient familiè-rement avec leur Clergé ct leurs Diocésains , à la paume , à labouffe , & a d’autres jeux : ce qui estoit une imitation des satur-nales des Païens , pendant lesquelles les Maîtres fassoient desfestins , & se divertisloient avec leurs valets & leurs esclaves , lansaucune différence de condition. 11 dit eníùite que cette coutumesc pratiquoit dans P Archevêché de Keims , & dans d’autres Diocè-ses très-considérables ; mais ce n’estoit pas la ce qu’on appelle A*feste des fous , dont les excès & les abominations cauíòient biend’autres désordres. C’est pourquoi les Papes & les Conciles n’é-pargnèrent rien pour attester le cours de cette impiété. Cela sevoit, par la lettre de lierre de Capouë , Cardinal Légat en FrancePan 1198. dans laqucll ■ il ordonne à Eudes de Sully , Evesque deParis d’abolir au plùtôt cette selle dans son Diocèse. Ce Prélaten 1198- & en 1199. publia deux ordonnances , qui contenoientde très; rigoureuses défenses de continuer ces débauches & ces sa-li Z crilège?