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crilèges ; & pour abolir entièrement cette détestable coutume , ilétablit dans son Eglise de Paris l’office de la Circoncision : le Con-cile dc Paris , tenu en 1212. renouvella ces défenses. II est mar-qué dans ce Concile , qu’un dc ces fous prenoit une crosse & lesautres ornemens d’un Évêque. Cette impiété fut encore défen-due par le Synode de Langres , en 1404. par le Concile de Báleen 143 v Parle Synode de Rouen , en 144;. conformément à lacensure de l’Université de Paris, en 1444. par le Synode de Sens,en 1328. de Lyon & de Tolède , en 1366. Cet abus se vovoit en-core en Angleterre, vers Pan 1530. car dans un inventaire desornemens de l’Kglise à’ for k , fait en ce tems-là , on y fait men-tion d’une petite mitre & d’un anneau pour l’Evêque des enfans,&c. Plusieurs croyent que les Latins ont emprunté cette coutumedes Grecs : ce qu’Anastase semble marejuer dans fa version du hui-tième Concile , célébré en 869. Quoiqu'il en soit , il est vrai-semblable , que la prémière origine de cette fête se doit prendrede la soperftirion des Payens , qui se masquoient le premier jourde Pan, & prenoient des peaux de bêtes , comme de cerfs &de biches, pour représenter ces animaux , ce que les Chrétiensimitèrent : de forte que les Evêques ordonnèrent des prières pu-bliques & des processions , & commandèrent des jeunes ce jour-là , pour s’opposer au torrent de cette mauvaise coutume, commeil paroit par le IV. Concile de Tolède , en 633. Long-tems au-paravant, saint Augustin dans le sermon 215. dc t empöre , avoitordonné de châtier rigoureusement ceux qui se trouveroient avoircommis cette impiété ; & depuis , comme nous venons de le di-re , les Conciles, les Papes & les Evêques se sont appliquez àabolir entièrement ce désordre. * Du Gange , gloffàr. latinit.Thiers , traité des jeux.
FESTE DES 1NNOCENS. Nous ayons parlé , dans ParticleFESTE DES FOUS, de l’abominable réjouissance que les enfirns dechœur , ou les petits Clercs, faisoient dans l’Eglise , la veille &le jour de la fête des lnnocens. Gabriel Naude , dans la plaintequ’st écrivit à Pierre Gassendi , Pan 1643. dit qu’en certains Mo-nastères de Provence , on célèbre la feste des lnnocens, avec descérémonies plus extravagantes, que n’étoient autre-fois les solem-nitez des faux Dieux. II rapporte qu’à Antibe , dans le Couventdes Franciscains, les Religieux Prêtres, ni le Gardien n’aUoientpoint au chœur le jour des lnnocens , & que les Frères Lais , quivont à la quête, ou qui travaillent au jardin , & à la cuisine, oc-cupoient leurs places nans l’Eglise, & y faisoient une manière d'of-fice avec des extravagances & des impiétez horribles. Ils se revê-toient d’ornemens sacerdotaux , mais tous déchirez , s’ils entrouvoient, & tournez à P envers. Jls tenoient dans leurs mainsdes livres à rebours, où ils faisoient semblant de lire avec deslunettes , qui avoient de P écorce d’orange pour verre. Ils nechantoient ni hymnes, ni pscaumes, ni mesle à Pordinaire, maistantôt ils marmotoient certains mots confus ; & tantôt ils pouf-íòient de* cris avec des contorsions qui faisoient horreur a desgens raisonnables. * G. Naudé, lettre d P. Gastèndi , en 1643.Thiers , traité des jeux.
FESTE DE L’O , ou des O , que l’on appelle autrement lafête dc P attente des couches de la Pierge, fut établie au X. Con-cile de Tolède , tenu en 636. sous le règne de Recesoind, Roid’Espagne, & du tems de saint Eugène III. Evêque de Tolède .On y ordonna que la fête de l’Annonciation de Notre-Dame , &de P Incarnation du verbe divin , se célébreroit huit jours avantNoël, parce que le 23. de Mars , auquel ces mìstères ont été ac-complis , arrive ordinairement en careme , ou dans le tems dela solennité de Pâques , où l’Eglise est occupée à d’autfes céré-monies. Saint Ildefonse , successeur d’Eugène, conhrma cet éta-blissement , & ordonna que cette fête serait aussi appellée deY attente des couches de Notre-Dame . On lui donna encore lenom de la fête des O, ou de PO, parce que ,_ durant cetteoctave , on chante à vespres des antiennes , qui commencentpar O , qui est une exclamation de désir & de joye. * TamayoSalazar , martyrologe eTEspagne.
FESTES DES MARCHANDS , se célébrait à Rome le quin-zième de Mai, ou le jour des Ides, en l’honneur de Mercure,parce qu’à pareil jour on dédia un Temple dans le grand cirque,fous le Consulat d’Appius Claudius & de P. Servìlius. Ils sacri-fiaient à ce Dieu une truye pleine , & s’alloient arroser de Peaud’une fontaine nommée aaua Mer surit , l’eau de Mercure , quiétoit à la porte Capène. Ils prioient le Dieu de leur être favo-rable dans leur négoce , & de leur pardonner les supercheries,qu’ils y feraient. Ovidea décrit ainsi cette feste dans le cinquiè-me livre de ses faß es , v. 683. à" ftíf-
Sive Deum prudens alium , Divamve fefellì sAhflnlerint ceteres improba dïEla Noti :
Et pateant Deniente die perjurìa nobií ,
Nec turent Jupcri , fi qua locutus ero.
Da modo lucra mìhì , da faílo gaudia lucre.'
Et sac ut emptori veiba dediffè juvet.
FESTE DU PERROQUET, ou de Parc : divertissement pu-blic que l’on renouvelle tous les ans dans la ville de Montpel-lier , au commencement du mois de Mai. Cette feste fut établiepar les Rois de Majorque qui étoient autre-fois Seigneurs deMontpellier, pour entretenir par-là le peuple aguerri dans l’exer-cice des armes, avant que la poudre & le mousquet fussent con-nus. Elle se célèbre par une Compagnie d’archers, composée delus de deux cens hommes, dont le Chef est toûjours un grandeignem du pays, qui a fous lui un Lieutenant, un Enseigne, &d’autres Officiers. Voici quelle est ordinairement la marche dela fête du Perroquet. On voit douze tambours vêtus de verd,
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suivis de six hautbois ; après lesquels marche un grand hommecouvert d’une Casaque verte, chargée fur le derrière d’ùn cupi-don , en broderie d’or. Cet homme porte au bout d’un bâton,un perroquet figuré en bois, & est accompagné de plusieurs jeu-nes garçons, avec des habits de toile d’argent, qui représente desamours armez d’un arc & de flèches. Ensuite paroit Je Roi de lafeste, précédé des trompettes & des violons, (c’est ainsi qu’onappelle celui qui a gagné le prix l’année précédente, en abattantle perroquet d’un coup de fléché.) Ce Roi est au milieu du Ca-pitaine & du Lieutenant ; & après eux, marchent les Conseillersde la feste, qui ne font distinguez des archers que par leur rang;& ont comme eux l’épée au côté, & une flèche à la main. Lors-qu’ils sont arrivez au lieu destiné pour ce jeu, on élève leperroquet, au haut d’un mai ; & celui qui jette à terre le per-roquet, ou le dernier morceau qui y demeure, après que les au-tres ont été abbattus, est le nouveau Roi de la teste. On con-duit ce Roi en triomphe dans la salle de l’hôtel de ville, où il donneun festin magnifique. * Mémoires du tems.
FESTES ROYALES ; cherchez COURS ROYALES.
FESTIN ; repas que l’on fait pour régaler ses amis, & pourse réjouir avec eux. Ce nom vient de feste ; & l’on dit encoreaujourd’hui, donner une feste, pour donner un régal. Les Ro-mains qui dínoient fort peu, faisoient presque tous les jours desfestins, qu’ils commenqoient le soir, & qu’ils contìnuoient unebonne partie de la nuit. On ne sera peut-être pas taché de íqa-voir leur manière de se mettre à table ; les mecs dont ils com-osoient leurs festins; leurs cérémonies & leurs réjouissances,our commencer par leur cénacle, ou salle à manger, on y dresosoit ordinairement une table ronde, autour de laquelle on ran-geoit trois lits , laissant un côté libre pour y apporter le service.Les conviez, après s’estre baignez, prenoient leur robe de festin,ôtoient leur chaussure, & s’asseioient fur ces lits, qui estoientcouverts de tapis. Cette robe de festin, qu’ils appelloient fyn-thefis , estoitplus courte que la robe ordinaire ; quelques-uns cro-yent que c’etoit une espèce de manteau ; mais dans les festinssolennels, & à la table des Empereurs, les conviez étoient obli-gez de porter la robe ordinaire. Sur chaque lit, il y avoit troisou quatre conviez, qui faisoient ainsi le nombre de neuf ou douze.Qudquc-fois, lorsque les festins sc faisoient avec plus de magnifi-cence, un lit ne lervoit qu’à deux, ou même qu’à une seule per-sonne. Voici la manière dont ils estoient couchez à table. 11 sse mettoient fur le côté gauche, s’appuyant un peu fur le coude,& ayant le dos soutenu d’un oreiller. Le premier étendoit laejambes derrière le dos du second; & celui-ci les étendoit der-rière celui qui étoit plus bas. La place la plus honorable étoitproche le dossier du lit, s’U n’y avoit que deux conviez, maiss’il y en avoit trois, celle du milieu appartenoit au plus consi-dérable ; & lorsqu’il y en avoit quatre, la place d’honneur estoitla seconde depuis le dossier. Ils étoient dans cette posture, pen-dant qu’ils mangeoient; mais après le repas, ou dans des inter-valles qu’ils cesloient de manger, ils se coudraient tout-à-fait,reposant leur teste sur Forestier: quelque-fbis aussi ils s’asseioientfur le bord de leur lit, comme fur un banc, & paroissoient à tabledans la posture, où nous nous y mettons.
_ Pour eviter les maux de teste, que l’excès des viandes & duvin peut causer, ils se serraient autre-fois le front avec des ban-deaux de toile, ou de drap ; mais ensuite ils prirent des couron-nes de lierre, de myrthe & de roses, ou même d’or. Cette ma-nière de se coucher à table n’étoit que pour les hommes ; car labienséance ne- permettoit pas que les femmes fussent ainsi cou-chées. Les Grecs ne menoìent jamais leurs femmes dans lesfestins, à moins qu’st n’y eût que des parens. Les Romains don-noient plus de liberté à leurs femmes, &les mettoient souvent àleur table auprès d’eux ; estes n’étoient pas couchées néanmoins,
’ mais assises à leurs pieds ; quoiqu'il y en ait qui croient qu’eUes sepíaqoient après eux, dans la même posture que les nommes,ayant ainsi leur teste vers le sein de leur mari. Le pavé de 1 asalle à manger étoit ordinairement composé d’une infinité de pe-tites pièces de différentes couleurs, en manière de mosaïque,qui réprésentoient les ordures qui peuvent demeurer sor un plan-cher après un festin , ce qui le faisoit paraître comme n’étantpoint balayé. Quelquefois on faisoit ce plancher avec de lachaux, du fable & du charbon, afiri que tout ce qui étoit ré-pandu dessus, fut incontinent séché. Ce pavé & ce plancherétoient nommez Afhrota ; le pavé, parce, qu’st paroissoit n’estrepas balayé ; & le plancher, parce qu’il ne falloit point le balayer,ou essuyer avec des éponges, à cause qu’st se desséchoit lui-même.Ce nom qui est grec, vient de la particule », qui signifie fans,ou non, en composition, & du verbe ra/pa , qui signifie balayer .Les salles à manger étoient tendues de bestes tapisseries, & or-nées de buffets chargez de vases précieux : on y voyoit aussi lesdépouilles que ceux de la famille avoient prises sor les ennemis,& les trophées qu’sts en avoient dressez. Ce qui paraît assez ex-traordinaire , c’est qu’on y réprésentoit de petites bibliothèques,vrai-semblablement, parce qu’ils avoient coutume de faire fairequelque lecture à table par leurs clients ? ou par leurs domesti-ques. Dans les premiers tems de la République, les flûtes &les orgues qui jouoient par le moyen de l’eau, & que l’on appel-îoit Hydrauliques , réjouissoient les conviez ; mais dans la fuiteon y introduisit la musique & la symphonie. On y fit même ve-nir des boutons, qui divertissoient la compagnie par des contesplaisons, & par des railleries agréables, & des baladines qui ydansoient. Les conviez élisoient au fort un Maître, ou Roi dufestin, qui règloit le nombre des coups que chacun devoir boire,& qui donnoit les ordres à l’échanson poux la distribution du
vin