FET
vin. H y avoìt quelquefois des personnes que les conviez ame-noient avec eux; & on les appelloit des ombre r, parce qu’ilssuivoient le convié, comme Pombre suit le corps. Ceux qui ve-noient au festin fans estre mandez, L sons y estre introduits par unami, étoient appeliez mouches , parce qu’ils fe rendoient impor-tuns comme ces insectes , qui entrent souvent par tout malgrénous, & principalement dans les lieux où l’on mange.
A l'égard du nombre des conviez, Varron disoit qu’il dcvoitdu moins égaler celui des Grâces, qui étoient trois, & qu’il nedevoir point passer celui des Muses , qui étoient neuf. Erasme dit qu’on pouvoit y ajoûter un dixième convié, pour répresenterApollon . D’autres ne vouloient que sept personnes dans unfestin : d’où est venu ce proverbe » festem , convivium ; nevem,tonvicium. Macrobe en met douze, joignant les Grâces & lesMuses; & Casoubon remarque qu’Auguste fit un régal, où il yavoir douze conviez , qui répresentoient les douze principalesDivinitez ; sqavoir, Jupiter, Neptune, Vulcain, Mars, Apollon ,Mercure, Junon , Vesta, Gérés, Venus, Diane, & Minerve. He-liogabale aimoit le nombre de huit, à cause du proverbe grecintox f oxra , c’est-à-dire, tout eft huit ; c’est pourquoi il conviaun jour huit chauves, huit louches, huit sourds, huit gouteux,huit grands hommes, huit gras, huit noirs, & huit qui avoientde grands nez. Avant que de servir, le Maistre d’hôtel apportoitau Maistre de la maison un mémoire des services, & des metsdont le festin seroit composé, afin que l’on sçût d'abord tout ceque l’on devoir mettre sur table, & que chacun se réservât pource qui seroit à son goust. Le service etant apporté, les Ecuyerstranchans coupoientles viandes & les autres mets, en autant departs qu’il y avoir de conviez, lesquels tiroient au sort pour avoirchacun la leur ; mais avant que de faire ce partage, on sépa-rait la part que l’on donnoit a Mercure dans tous les festins. Cha-rpie convié pouvoit donner de so part à son esclave, ou en envoyerà so femme. Sur quoi Macrobe rapporte, que Lurcius, Cheva-lier Romain, étant a table avec Auguste , & voulant prendre occa-sion de se plaindre d’une grive maigre que l’on avoir servie, luidemanda s’il étoit permis d’envoyer une grive maigre ; & ce Princelui ayant répondu qu’il ne l’empêchoit pas, le Chevalier la jettapar la fenestre. Le latin renferme une équivoque, qui ne se peutreprésenter en nôtre langue ; car mittere en latin lignifie envoyer& jet ter loin : c’est pourquoi Auguste ayant dit à Curtius, quidniliceret mittere ? ce Chevalier avoir pris de là le prétexte de jetterla grive. II ne fera pas inutile de remarquer encore ici la cou-tume que les Romains avoient de boire autant de fois qu’il yavoir de lettres au nom de celui dont ils soluoient la santé. Mar-tial en parle dans ses épigrammes :
Nxvia fix cyathis, festem Juftina bibatur.
Ils finissoient leur festin en saluant le génie, qui étoit le Dieututelaire de chaque personne, & qui préiidoit aussi aux réjouis-sances. * Rolin, antiq. Rom. lib. ;. c. - 8 - 29. fr î°- Dempster,in paralipom.
FEST 1 VUS- cherchez AURELIEN FESTIVUS. .FESTUS POMPELUS, célèbre Grammairien. II abrégeal’ouvrage de ìSerrius Fl accus de verborumfgnificatione ; & PaulDiacre abrégea Festus, & énerva entièrement l’ouvrage du pre-mier Auteur. Joseph Scaliger dit que la langue latine n’a paseu d’Ecrivain plus utile que Festus. Nous avons plusieurs édi-tions de son livre : une des meilleures c’est celle ad y.fum Del-phine, imprimée à Paris, puis à Amsterdam .
FESTUS, ( Porcins Proconsul, Gouverneur de la Judée ,dans le I. siècle, succéda dans cet emploi à Felix l’an 61. de J.C. & y mourut deux ans après. Les Princes des Prêtres lc vin-rent trouver pour accuser devant lui soint Paul, qui étoit en pri-son à Cesarée, où étant lui-même arrivé, il le fit amener devantson tribunal. Quelque-tems après, il le fit venir encore devantlui, en la présence du Roi Agrippa, & le fit parler ; puis il lerenvoya à Cesor, à qui cet Apôtre en avoir appeîlé. * Ailes desApStres, c. 2;. 26. Josephe, liv. 20. c. 7. fr 8-FESTUS, ami de Domitien,dans le I. siècle, étant tourmentéd’une dartre incurable, se tua de désespoir. Martial nous dé-peint so mort, avant laquelle il fit un discours de consolation ales amis.
FESTUS, Orateur dont Caffiodore a fait mention, florissoit àConstantinople , vers l’an 526.
FESTUS AVIENUS RUFUS. Cherchez AVIENUS , SEXTUS,POMPE 1 US, &c.
FETFA, c’est-à-dire, Sentence, en langage turc : par exemple,le Mufti donne le Fetfa contre les accusez. Ce mot en arabelignifie so réponse , ou le jugement esun homme fige. * Ricaut,de U Turquie.
IETH.AR.D, bourg d’Irsonde dans le Comté de Tipcrari enMommonie, a trois lieues de la ville de Cashel du côte du Le-vant Ce bourg a droit de députer au Parlement d’irlande. *Maty ditìion.
t FETHELMACHUS, 58. Roi d’Ecosse , succéda à An-guhan, & so seconde annee de son règne il tomba sur le pays desPictes, qu’il désola presque entièrement. Les Pictes de íeur côtéleverent une armée & marchèrent contre Fethelmachus, qui lesbattit, & fit prisonnier le corps de leur armée. Trois jours aprèsce combat, le Roi des Pictes mourut, des blessures qu’il y avoitreqûes. Les Ecossais de leur côté, quoi qu’ils eussent beaucoupperdu de monde dans la bataille, sçúrent cependant mettre à pro-fit cette victoire, car ils inondèrent presque tout le pays des Pictes.Ceux-ci n’etant plus en état de leur opposer une armée, se con-tentèrent d’atttquer de tems en tems ceux qui assolent en parti.
FEU 63
& Herguste, qui avoit succédé au dernier Roi des Pictes, per-suada à deux de ses sujets, de se dire Ecossois & par ce déguise-ment ils parvinrent à corrompre le Musicien de Fethelmachusqui jotioit ordinairement pour endormir son Maître. Ce domesti-que perfide ayant ainsi été gagné par l’argent, chercha une oc-casion favorable pour introduire les assassins dans la chambre duRoi. II la trouva un soir ; il leur procura feutrée de la cham-bre, cai ils,massacrèrent Fethelmachus dans son lit & lorsqu’Ucroyoit être dans une entière sûreté. Ceci arriva vers le milieudu IV. siècle. * Buchan. hiß. Scot.
FETICHE- Les peuples de la Guinée , dans PAfrique, ap-pellent amli les Divinitez qu ils adorent. Us ont une fétiche pourtoute une Province, & des fétiches particulières pour chaque fa-mille. Cette idole est un arbre, un oiseau, une tête de singe ouquelque chose de semblable, suivant leqr caprice. * Doper 'de-scription de sAfrique. r ’
t FETU, pays d’Afrique fur la côte de Guinée vers la Merd’Ethiopie. Ce pays est traversé au milieu par un fleuve d’eaudouce, qui tombe dans la Mer près du château de S. George dela Mina. La Capitale en est Fétu, grande, bien peuplée, & en-vironnée de beaux arbres ; les maisons y sont assez mauvaises &les rues si étroites, qu’à peine deux personnes y peuvent marcherde front Les autres Mes, ou pour mieux dire, villages, ne sontd’aucune importance. Diverse^kitions de Chrétiens ont bâtides forts dans ce pays ; le princÇd & le plus ancien est le fortde S. George de ta Mina, que les Portugais bâtirent en i;8i.& qui depuis est tombé entre les mains des Hollandois. Outrecela on y trouve un Château vers Cabo Corso, que la CompagnieSuédoise commenqa à soire bâtir en 1652. & qu’eUe nomma Cu-rolusburg : mais après plusieurs difficultés, entre les Suédois, lesDanois ct les Hollandois ce fort tomba finalement entre les mainsdes Anglois. Enfin on y voit le Fort de Frìderichsburg, que laCompagnie Danoise bâtit en 1659. Tout le pays de Fétu, duCôté de la Mer, est composé de hautes montagnes, de rochers &de vaUees fort profondes. Le terrain y est fort maigre, mêlé debeaucoup de gravier, & cependant assez fertile ; il produit diversarbres fruitiers, ct l'on y fait une double moisson. L’airyestfortmal soin & surtout pour les étrangers. Les habitanssont tiesj\è-gres Idolâtres, qui ont un Roi, qu’ils nomment Ohin ; dans lesmatières qui regardent tout le pays, le Roi ne peut rien déciderde lui meme, mais il est obligé de consulter les Principaux duRoyaume & du peuple. Les armes dont ils se fervent sont desmousquets que les Européens leur vendent, des arcs, des sabres,des hallebardes, des piques, des boucliers ct des casques. Ilsceignent leur corps d’une large ceinture. * Müllers befehreibungder Landsch. Fétu. Bosman voyage de Guinée .
FEU , fut adoré des Payens, comme une Divinité . La chro-nique d’Alexandrie assûre, que Nemrod le prémier Roi des Assy-riens, ordonna le culte & la Religion du feu. Comme la villedTJr étoit célèbre dans la Province de Babylone & qu ’Vr en hé-breu signifie le feu, on a crû que c’est dans cette ville, que ceculte du feu fut’ premièrement institué. Eupolème dit qu’on cro-yoit que c’étoit la même ville que Camarina, qui prenoit sonnom du terme hébraïque Camar, qui signifie, brûler, ttre en feu’.& les Prêtres s’appelíoient aussi Camarim. Les Hébreux mêmefeignirent, selon L>. Jérôme, que ces termes de l’Ecriture , qu’ Abra-ham firtit d’Vr des Chaldéens signifient qu’il sortit miraculeuse-ment du feu, où les Chaldéens l’avoient jette, parce qu’il refu-soit de l’adorer. Lucain dit, que les Chaldéens adoraient le feu.Hérodote dit la même chose des Perses : il ajoute, que c’est pourcela qu’ils ne brùloient pas les corps morts, pour ne pas-nourrirleur Dieu d’un cadavre.
On peut conjecturer, que les Chaldéens & les Perses, & unepartie des nations orientales adorant le soleil & les astres, qu’ilsregardoient comme des feux éternels, voulurent en garder & enavoir toujours devant les yeux un symbole dans le feu perpétuel,qui brûloir fur leurs autels. 11 s'eit pù faire que les plus simplesle soient laissé aller insensiblement à adorer ce feu même de leursautels comme leur Dieu , & n’en ayent point eu d’autres. Ce-pendant il y a peu d’Auteurs, qui attribuent formellement le cultedu feu aux Chaldéens ou aux autres anciens habitans de l'Orient.Julius Firmicus dit simplement, que les Perses préféraient le feua tous les autres élémens, & le failoient porter devant eux. Quin-te-Curce soit voir que les Perses & les Mages entretenoient un feuéternel fur des autels d’argent, mais qu’ils le regardoient commeun symbole de Jupiter, c'est-à-dire, du soleil. Comme les Grecs& les Romains ne furent pas si attachez au culte des astres, quel'avoient été les Orientaux, ils adoraient Vesta & Vulcain, commele feu terrestre & le feu élémentaire, distinguant le feu de la terrede celui du ciel ; & Vesta étoit la terre, dans lc centre de la-quelle ils fossoient brûler un feu éternel. Les Romains se faiíò-ient une grande religion de conserver un feu perpétuel, & avoientprépose à cet office des filles appeUées Vestales: voyez VESTA-LES. Quelques-uns prétendent, que so coûtume de garder ce feuéternel a Rome étoit venu de Troye, où il étoit dans la même vé-nération. Virgile en a souvent fait mention. Voici comment ilfait parler les manès d’Hector à Enée , pour l'exhorter à se retirerdes ruines de Troye, & à emporter avec lui les Dieux pénates && le feu sacré.
Sacra Juofque tibi commendat Troja pénates,
Ho s cape fat or um comités ....
Sic ait, 'fy manibus vit t as, veßamque potentem,
JEtcrnumque adytis effert penetrafìbus ignem.
Virg. AEneid . lib. II. v. 29). fr fiqq-
Le feu perpétuel que Dieu commanda à Messe d’entretenir lùr
J’autcl