LI VRE I, CHAPITRE II. i t
18°.La sociécé considérée par rapport aux moyensde subsistance & à ce parcage de ia reproduction ,se divise donc , par la nature der choses , en troisclasses : celles des cultivateurs , qui vit fur lesreprises annuelles j celle des propriétaires, qui re-çoit l’excédent des reprises, & qui comprend leSouverain ; Sc la clasiè salariée ôc soudoyée, enquelque genre que ce soit , qui vir sur la dé-pense des deux premieres dallés, & qui reçoitd’elles une portion de la reproduction pour prixde ses services.
x 9°. Les productions étant la feule matière detoutes les dépenses, il s’ensuit qu’une Nation nepeut dépenser annuellement plus que fa repro-duction annuelle; Sc que les travaux subséquensà celui de la culture, ne multipliant pas les pro-ductions , ne peuvent étendre la faculté de dépen-ser. Ces travaux font très-nécessaires, très-utiíes ,mais absolument stériles v x
( I ) Peut-être dira-t-on que cette proposition n’est vraieque pour l’universalité du monde entier, & non pour uneNation particulière , qui peut consommer une portion dela reproduction d’une Nation voisine.
Mais les Nations voisines ne lui donneront pas pour rienune portion de leur reproduction : elle ne pourra l’obtenirque par la voie d'échangc. Or l’échange est un contratd’égalité, dans lequel il faut donner autant que l'on reçoir.II faut donc que la Nation qni veut consommer des pro-ductions étrangères , fournisse l’équivalent , St tire deson territoire la faculté de le fournir.
On insiste , St l'on dit : 11 est vrai que les Nations voi-fincs ne donneront pas leurs productions pour rien : mais onpeut les acheter par des travaux de main-d’ceuvre ,• cestravaux étant payés par l’étranger , assurent a la Nationqui vend t un bénéfice indépendant de son territoire , & aux