z6 LIVRE Ij CHAPITRE V.
la souveraineté consiste dans la force publique ;aucun n’a songé que le devoir de protéger & degarantir suppoíe le droit d’en prendre les moyens,qui doivent renaître & fe perpétuer comme lesbesoins : presque tous ont pris des précautionspour les interdire à i’autoricé, ou ne lui ont laisséde libre que le choix des moyens contraires àla liberté & à la propriété.
Mais le désir de la puissance est chez les Sou-verains le vœu inséparable de leur place ; c’est lecri de la nature. C’est un besoin qui les force d’em-ployer pour le satisfaire tout ce dont ils font àportée de disposer. L’autorité , sans la puissanceeffective , n’est qu’un rang de simple représenta*-lion, & un poids accablant pour celui à qui onl’impose : il taut qu’elle parvienne à se détruirepar ses propres efforts , ou à devenir ce qsselledoit être : état violent & forcé qui présente uneopposition perpétuelle d’intérêts Sc de prétentions,de besoins & d’impuissance , de demandes Sc derefus, & qui entretient un sujet éternel de divisionentre le peuple & le Souverain, qui parvient tôt outard à se créer un revenu de gré ou de force, ouver-tement ou en se tachant, & qui travaille sans re-lâche à i’étendre.
L’impôt ainsi établi devient doutant plus ter-rible dans ses effets, qu’il a été plus refusé dansl’origine , Sc plus contesté dans ses progrès. La dií-siculté que trouvent les Souverains à l’obtenir Scà le faire consentir d’une maniéré fixe , connue& suffisante , les force de cacher sa marche Scson produit, de chercher à le completcer Sc àl’accroître par toutes fortes de voies lourdes & dé-tournées; de fe déterminer dans le choix de» moyens