46 LIVRE I, CHAPITRE FL
épuisant le revenu, absorbent & réduisent à rieftTimpôt direét, qui devoir être si considérable surun territoire auíìì étendu , & qui ne fournit plusqu'une foible ressource.
Nous n’avons d’impôr direct que le Dixieme,& il ne donne que quarante millions : mais il nedonne si peu que parce que le revenu du terri-toire est absorbé , enlevé & anéanti par une fouled’autres impôts qui sont funestes à la culture , oupar leur arbitraire, comme la Taille , ou par leursfrais énormes òc destructeurs de la valeur & dela consommation Mais du moins ces impôts ayantété multiplies à l’excès , sur tout deouis un siécle,on seroit porté d croire que l'Etat doit avoir unrevenu formé, à la vérité, par des moyens très—onéreux à la Nation , mais du moins très-consi-dérable. Cependant il est une proposition vraie, quoi-qu’elle ait Pair d’un paradoxe ; à st que le revenupublic actuel est moindre qu’ii n’étoic fous Louis XIôc fous Louis Xll, non pas seulement relative-ment aux besoins qui font augmentés , mais enlui-même.
Sous Louis XI , la Taille étoit de quatre millionssept cent mille livres : mais la valeur numérairede l’argent étoit à dix livres , c’est-à-dire ì-peu-près comme deux efl à on^e de ce qu’elle est au-jourd’hui. Les quatre millions sept cent mille livresdonnoient quatre cent soixante & dix marcs £ar-gent. Ce poids d’argenc, ramené d’abord à notrenuméraire actuel , seroit vingt-six millions.
Mais il faut aller plus loin , &: évaluer ensuitela valeur d’échange de ! 'arge n t avec les denrées.Le marc d’argenc valoir deux cents fous tournois :le feptier de bled, mesure de Paris , valoir treize