ig,] — Au lieu de continuer Spanheim, j’ai reprismon Recueil Géographique fur l'Italie , qu’il fautexpédier. J’en ai écrit deux pages & demie furl’Etrurie .
J’ai achevé T Eloge du Duc de Sully . M, Thomaseft un grand orateur. Quelle force dans la penfée !quelle rapidité dans le ftyle ! Il a lame d’un citoyen ,l’efprit d’une philofophe, & le pinceau d’un grandpeintre. C’eft Démofthène, mais Démofthène quia facrifié aux graces. On y trouve, avec toute lapompe de l’éloquence, la précifion des détails, quine font jamais petits , quand ils font bien choifis , &bien rendus ; & la fidélité biftorique qui ne peutqu’embellir l’éloge de tout homme qui en mérite un.Le parallèle de Colbert & de Sully, bien loin d’êtreflatteur pour fon héros, ne lui eft pas équitable. Oncompare trop les difficultés que ces deux miniftres onteu à furmonter. Faut-il comparer les horreurs dela ligue, quarante ans de guerres civiles , le fana-tifme & l’indépendance maîtres de tous les efprits &800 millions de dettes, avec les caprices de la Fronde,quelques concuffions de Mazarin , & une nation fanschef, fans principes de révolté , & laffée des défor-«1res domeftiques. M. Thomas ne fe fouvient pastoujours que l’éloge eft un genre mitoyen entre l’hif-toire & l’oraifon funèbre ; peut-être même que fonftyle fort fublime 8e nourri des images les plus juftes& les plus hardies , auroit pu fe paffer de la comparai-fon, de l’apoftrophe, & de toutes les figures, quine conviennent parfaitement qu’à la poéfie. Je fuisfûr qu’il auroit mieux fait de ne point faire contrafterles opérations de Sully avec celles de la fageffe