ROI BE SUEDE. LlV. VII. ÇJJ
“ avoit été consumée; que la guerre n’étoit“ point le théâtre de la modération & de la“ douceur; que ni le roi de France Louis XIV.
“ qui avoit permis l’incendie du Palatinat, nr“ ceux qui l’imiterent depuis avec plus d’excès,“ n’avoient point paslé pour des hommes plus“ cruels que les autres: qu’enfin lì ces excès" étoient condamnables, il falloit en accuser“ les Moscovites, les Danois & les Saxons“ qui en avoient donné l’exemple. ”
C’étoit avec cette fureur que les Suédois &leurs ennemis se faisoient la guerre: si CharlesXII. avoit paru alors dans la Poméranie, ilest à croire qu’il eût pû retrouver fa préinierefortune. Ses armées quoi qu’éloighées de íapresence, étoient encore animées de son es-prit; mais l’absence du Chef est toujours dan-gereuse aux affaires, & empêche qu’on neprofite des victoires. Steinbok perdit par lesdétails ce qu’il avoit gagné par des actions sig-nalées, qui en un autre tems auroient été dé-cisives.
Tout vainqueur qu’il étoît il ne put empê-cher les Moscovites, les Saxons, & les Da-nois de se réunir. On lui enleva des quar-tiers : il perdit du monde dans plusieurs escar-mouches: deux mille hommes de ses troupesse noïérent en passer l’Eïder, pour aller hiver-ner dans le Holslein: toutes ces pertes étoientfans ressource dans un païs où il étoit entouréde tous côtés d’ennemis puissans.
Le Holstein avoit alors pour Souverain lejeune Duc Fréderik âgé de douze ans, neveudu roi de Suede, & fils du Duc qui avoit ététué à la bataille de Craslau : l’évêque de Lu-bek son oncle gouvernoit fous le nom d’Ad-ministrateur ce païs malheureux que lès Souve-rains n’ont presquejamais possédé paisiblement :z l’Evêaue