ftOI DE SuEDE. LlV. VIII. 145
Le onze Décembre jour de saint André, ilalla sur les neuf heures du soir visiter la tran-chée, & ne trouvant pas la parallèle assez avan-cée à son gré, il parut très-mécontent. Mon-sieur Mégret ingénieur François, qui conduî-soit le siège, rassura que la place seroit prisedans huit jours : Nous verrons dit le Roi,& continua de visiter les ouvrages avec l'i'n-génieur. II s’arrêta dans un endroit où leboïau faisoît un angle avec la parallèle, ilse mit à genoux sur le talus intérieur, & a-puïant ses coudes fur le parapet, resta quelquetems à considérer les travailleurs qui conti-nuoient les tranchées à la lueur des étoilles.
Les moindres circonstances deviennent etsentielles, quand il s’agit de la mort d’un hom-me tel que Charles XII. ainsi je dois avertirque toute la conversation que tant d’écrivains,L méme Monsieur de la Motraye ont rapor-tée entre le Roi & l’ingénieur Mégret, est ab-solument fausse; voici ce que je tçai de véri-table sur cet événement.
Le Roi étoit exposé presqu’à mi corps àune batterie de canon, pointée vis-à-vis l’angleoù il étoit; il n’y avoit alors auprès de fa per-sonne que deux François : l’un étoit Mon-sieur Siker son aide de camp, homme de tête& d’éxecution, qui s’étoit mis à son serviceen Turquie, & qui étoit particulièrement at-taché au prince de Hesse ; l’autre étoit cet in-génieur. Le canon tiroir sur eux à cartouche,mais le Roi qui se découvroit davantage étoitle plus exposé. A quelques pas derriere étoitle comte Swerin qui commandoit la tranchée;& le comte Fosse capitaine aux gardes, & unaide de camp nommé Kulbert, recevoient desordres de lui. Siker & Mégret virent dans cemoment le roi de Suede qui tomboit fur le
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