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J.-J. Rousseau à Venise, 1743-1744 : notes et documents / recueillis par Victor Cérésole, Consul de la Confédération suisse à Venise ; publiés par Théodore de Saussure
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curieux sous bien des rapports, seront imprimés à la suite dumémoire.

Après quelques paroles adressées à lauditoire devant lequelson travail devait se lire, M. Ceresole entre en matière commesuit :

Lillustre citoyen de Genève fut à Venise en qualité deÿ!/«si-secrétaire dambassade ; il rapporte dans ses Confessionsplusieurs circonstances dans lesquelles il déploya en publicce caractère officiel. Ces pages ont, à différentes époques, étévivement attaquées par la critique. On a dit et répété que lavanité seule avait pu dicter ce chapitre à notre philosophe.La plus simple connaissance des usages et du cérémonialdiplomatiques, disent ces critiques, ne permet pas de croirequun étranger qui navait point été accrédité par le minis-tère et qui lui était même complètement inconnu, ait jamaispu représenter le Roi de France ou parler en son nom devantun gouvernement étranger.

Un jour, lors dun grand dîner chez M mo dEpinay, Jean-Jacques revenait avec complaisance sur limportance de laposition quil avait eue à Venise, prétendant quun avis quilfit passer à temps pendant la guerre de 1743 à M. le marquisde lHôpital, ambassadeur de France à Naples, empêcha larévolte des Abruzzes. « Ainsi, cest peut-être à ce pauvreJean-Jacques, si bafoué, que la maison de Bourbon doit laconservation du royaume de Naples, » dit-il dans ses Con-fessions. Lorsquaprès avoir terminé cette longue histoire, unancien diplomate lui remontra sèchement quétant simple-ment secrétaire du comte de Montaigu et non pas secrétairedambassade, il navait pu paraître officiellement devant laSeigneurie de Venise, Rousseau sembrouilla, rougit et se tut.