curieux sous bien des rapports, seront imprimés à la suite dumémoire.
Après quelques paroles adressées à l’auditoire devant lequelson travail devait se lire, M. Ceresole entre en matière commesuit :
L’illustre citoyen de Genève fut à Venise en qualité deÿ!/«si-secrétaire d’ambassade ; il rapporte dans ses Confessionsplusieurs circonstances dans lesquelles il déploya en publicce caractère officiel. Ces pages ont, à différentes époques, étévivement attaquées par la critique. On a dit et répété que lavanité seule avait pu dicter ce chapitre à notre philosophe.La plus simple connaissance des usages et du cérémonialdiplomatiques, disent ces critiques, ne permet pas de croirequ’un étranger qui n’avait point été accrédité par le minis-tère et qui lui était même complètement inconnu, ait jamaispu représenter le Roi de France ou parler en son nom devantun gouvernement étranger.
Un jour, lors d’un grand dîner chez M mo d’Epinay, Jean-Jacques revenait avec complaisance sur l’importance de laposition qu’il avait eue à Venise, prétendant qu’un avis qu’ilfit passer à temps pendant la guerre de 1743 à M. le marquisde l’Hôpital, ambassadeur de France à Naples, empêcha larévolte des Abruzzes. « Ainsi, c’est peut-être à ce pauvreJean-Jacques, si bafoué, que la maison de Bourbon doit laconservation du royaume de Naples, » dit-il dans ses Con-fessions. Lorsqu’après avoir terminé cette longue histoire, unancien diplomate lui remontra sèchement qu’étant simple-ment secrétaire du comte de Montaigu et non pas secrétaired’ambassade, il n’avait pu paraître officiellement devant laSeigneurie de Venise, Rousseau s’embrouilla, rougit et se tut.