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sude de France, après le départ de M. de Froullay. 1 Voici ceque raconte Rousseau :
« Depuis le départ de M. de Froulay, son prédécesseur, dontla tête s’était dérangée, le consul de France, appelé M. LeBlond, était resté chargé des affaires de l’ambassade, et depuisl’arrivée de M. de Montaigu, il continuait à le faire jusqu’àce qu’il l’eût mis au fait. M. de Montaigu, jaloux qu’un autrefît son métier, quoique lui-même en fût incapable, prit enguignon le consul ; et sitôt que je fus arrivé, il lui ôta lesfonctions de secrétaire d’ambassade pour me les donner. Ellesétaient inséparables du titre ; il me dit de le prendre.
« Tant que je restai près de lui, jamais il n’envoya que moisous ce titre au Sénat et à son confèrent ; et dans le fond ilétait fort naturel qu’il aimât mieux avoir pour secrétaired’ambassade un homme à lui, qu’un consul ou un commis desbureaux nommé par la Cour.* »
Le Memoriale di Bertigna, 3 éphémérides de 1714 à 1760,conservé en manuscrit à la Bibliothèque de St-Marc, annonceà la date du 11 juillet 1743 : Arrivato sua Eecellenza il Sig rconte di Montaigu per ambasciatore per la Corte di Parigi.
Une lettre de M. de Montaigu, conservée au ministère desaffaires étrangères à Paris, témoigne de l’exactitude de Ber-tigna. L’ambassadeur annonce à la Cour qu’il est arrivé àVenise le 11 juillet. 4
Le manuscrit officiel des Cerimoniali 8 aux archives des
1 Ce nom est orthographié ainsi dans les actes officiels, bien que Rousseauécrive Froulay.
* Confessions.
* Memoriale di quanto accade giornalmente in Venezia dal 18 agosto 1714sino al 9 marzo 1760 . Bibl. di S. Marco, Mss. ital., cl. VII, cod. MDCXX.
* Affaires étrangères, Venise, n° 204.
8 Cerimoniali, vol. IV, feuille 145 verso. (Les archives d’Etat de la liépu-