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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

La boîte à mitraille contient des balles en plomb durci, reliées par dusoufre : elles forment, en éclatant, de véritables soleils de plomb fondu.

Le feu par pièce, le plus usité, à lexclusion des feux à volonté et desfeux par salve , le feu par pièce continuait avec violence. Le capitaine avaitmis pied à terre et était grimpé sur une petite éminence d, à laide de salorgnette de batterie, il observait les coups sans être gêné par les raresflocons de fumée; il était toujours assez près pour pouvoir diriger le feu àla voix. Il ne soccupait pas des détails du tir etconcentrait toute son attention sur son personnel,sur le réglage et sur lobjectif.

La deuxième pièce porte toujours trop àdroite, sécria le capitaine.

Un oflicier rechercha aussitôt la cause de cettedérivation et la trouva dans une différence de ni-veau des roues : la roue droite était trop basse ;on creusa une rigole à lemplacement de la rouegauche et on remédia ainsi à la déclivité du terrain.

Le sol était dailleurs très incliné en arrière, et,pour limiter le recul, les servants étaient obligésde sappliquer aux cordes à bottillons, de chaquecôté de la pièce.

Le but du général, en faisant bombarder le vil-lage, était de préparer lattaque en ébranlant lestroupes de la défense et en détruisant les obstaclesmatériels. Mais lennemi avait de lartillerie aussi,et, aussitôt réveillés par nos obus, les artilleurs ita -liens sétaient mis à nous répondre.

La lutte sengagea donc entre les deux artilleries. Nos canonniersnépargnaient rien pour établir leur supériorité et permettre à nos colonnesde prendre loffensive. Afin de ménager ses munitions, dont le rempla-cement nétait pas facile à cause de T éloignement de la réserve, le capitaineévitait les tirs à trop grande distance, non susceptibles de résultatsdécisifs. Il sinquiétait de la consommation des obus et gargousses, et serenseignait auprès du sous-chef artificier.

Les douze premiers mulets ont déjà leurs caisses vides (1), dit celui-ciau capitaine. Vingt-quatre caisses à quatre obus, cela fait quatre-vingt-sixprojectiles consommés, cest-à-dire juste la moitié de notre provision sur

(!) Dans chaque caisse, il y a quatre obus ordinaires, deux obus à balles, une boîteà mitraille et sept gargousses.

OFFICIER dartillerieitalienne (grande tenue).