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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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mulets. Les douze mulets de munitions qui restent à l’écheion de combat vontvenir trois par trois. Les autres mulets ont été envoyés à vide se réappro-visionner à la réserve; mais c’est fort loin, et, si nous ne ralentissons pasle feu, dans vingt minutes nous n’aurons plus d’obus ordinaires.

Les 24 mulets de munitions ne pouvaient suffire, en effet, à l’alimen-tation de la batterie qui faisait un feu d'enfer. Bientôt, l’échelon de combatn'aurait plus que des obus à balles et des boîtes à mitraille. Heureusement,la réserve avait avisé. Tous les mulets de vivres, de bagages, decaisses diverses, avaient été em-ployés momentanément au trans-port des munitions provenantdes chariots restés sur la granderoute. De plus, le commandantde la réserve avait réquisitionnédans le pays des mulets bâtés surlesquels il avait brêté des caissesà munitions.

Le ravitaillement avait étéainsi facilité et la batterie n’étaitpas restée une minute sans obus.

La réserve elle-même s’étaitréapprovisionnée à la section demunitions mixte de la brigade,de sorte que le remplacement desprojectiles s’opérait maintenantavec régularité.

Mais les Italiens ripostaien t avecune vigueur extraordinaire, s'effor-çant d’éteindre le feu de nos pièces, qui leur causait un mal énorme. Peu àpeu, l’ennemi avait rectifié son tir, et ses obus tombaient sur la terrasse avecune régularité désespérante. Déjà, un sous-lieutenant avait été blessé parun éclat, un brigadier avait dû être remplacé par le plus ancien canonnierde la fraction qu’il commandait ; plusieurs servants manquants avaient étéégalement remplacés au moyen des ressources de l’échelon de combat.

Les deux mulets do cacolets allaient et venaient, emportant les blessés.Plusieurs mulets avaient été aussi atteints : l’un d’eux, qu’un éclat d'obusavait éventré, galopait, les boyaux pendants, affolé, jusqu’au bord duravin, où il roula. D’autres mulets paraissaient perdus et furent aban-donnés; on s’occupa seulement de les déharnacher.

AtdÈÉÛ

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