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LA GUERRE DE MONTAGNES
L’avantage de ce système est évident : la charge pouvant se répartir surdeux animaux, il est aisé de composer des bouches à feu plus longues, pluslourdes, de plus gros calibre, et d’acquérir ainsi un tir plus efficace.
Les calibres habituels des pièces de montagne varient entre 65 mm et80 mm . Ce dernier diamètre, qui est relativement considérable, a été adoptéen France en 1878. On l’a choisi pour pouvoir utiliser la munition ducanon de campagne de même calibre. Mais l’unité de calibre est plus appa-rente que réelle, parce que les fusées ne sont plus les mêmes lorsqu’onveut employer de fortes charges ou tirer à charge réduite. L”avantage ducalibre 80 est donc problématique ; ses inconvénients, au contraire, ont étémis en évidence par la difficulté de construire un affût suffisammentrésistant pour les percussions considérables qui correspondent à cediamètre exagéré.
I/ltalie a été mieux inspirée en adoptant, pour ses bouches à feu demontagne, le même diamètre que pour son canon de “campagne léger, carle calibre n’est que de 75 nim et la fusée est la même ; elle a doncvraiment réalisé l’unité de munition, sauf en ce qui concerne les gar-gousses, bien entendu, car la charge de guerre ne saurait évidemmentconvenir avec un matériel léger comme l’est celui de l’artillerie demontagne.
La faiblesse du calibre a le grand avantage d’entraîner l’emploi deprojectiles légers. Le transport des munitions, difficile partout, l’est plusdans la montagne que partout ailleurs. C’est la Russie et l’Angleterrequi ont adopté le calibre le plus petit (63 mm ,5).
Les projectiles employés sont des obus ordinaires ou à fragmentationsystématique, des skrapnels ou des boîtes à mitraille. Presque seule, laFrance a fait dominer dans ses approvisionnements les obus ordinaires ; ilsy entrent dans la proportion de 4 sur 7, ce qui semblera sans doutedémesuré si l’on songe aux cironstances dans lesquelles l’artillerie de mon-tagne est appelée à agir. Quoique rien de définitif n’ait été écrit sur latactique de détail qui lui convient, on est en droit de supposer que leréglage du tir ne saurait s’effectuer en montagne comme sur le champ debataille, qu’il faut agir particulièrement vite, suppléer à la précision du feupar l’abondance et la profusion des éclats, profiter enfin de ce quel’ennemi est obligé de s’entasser sur les routes pour couvrir de balles leplus d’espace possible. Les occasions d’agir sur des obstacles matériels avecquelque chance de succès semblent devoir être particulièrement rares.C’est surtout le personnel qu'on doit avoir en vue d’atteindre.
Autre critique : le poids du projectile est de 5 kiiogr. 600. Ce poids