Buch 
La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
Entstehung
Seite
150
JPEG-Download
 

150

LA GUERRE DE MONTAGNES

Lavantage de ce système est évident : la charge pouvant se répartir surdeux animaux, il est aisé de composer des bouches à feu plus longues, pluslourdes, de plus gros calibre, et dacquérir ainsi un tir plus efficace.

Les calibres habituels des pièces de montagne varient entre 65 mm et80 mm . Ce dernier diamètre, qui est relativement considérable, a été adoptéen France en 1878. On la choisi pour pouvoir utiliser la munition ducanon de campagne de même calibre. Mais lunité de calibre est plus appa-rente que réelle, parce que les fusées ne sont plus les mêmes lorsquonveut employer de fortes charges ou tirer à charge réduite. Lavantage ducalibre 80 est donc problématique ; ses inconvénients, au contraire, ont étémis en évidence par la difficulté de construire un affût suffisammentrésistant pour les percussions considérables qui correspondent à cediamètre exagéré.

I/ltalie a été mieux inspirée en adoptant, pour ses bouches à feu demontagne, le même diamètre que pour son canon decampagne léger, carle calibre nest que de 75 nim et la fusée est la même ; elle a doncvraiment réalisé lunité de munition, sauf en ce qui concerne les gar-gousses, bien entendu, car la charge de guerre ne saurait évidemmentconvenir avec un matériel léger comme lest celui de lartillerie demontagne.

La faiblesse du calibre a le grand avantage dentraîner lemploi deprojectiles légers. Le transport des munitions, difficile partout, lest plusdans la montagne que partout ailleurs. Cest la Russie et lAngleterrequi ont adopté le calibre le plus petit (63 mm ,5).

Les projectiles employés sont des obus ordinaires ou à fragmentationsystématique, des skrapnels ou des boîtes à mitraille. Presque seule, laFrance a fait dominer dans ses approvisionnements les obus ordinaires ; ilsy entrent dans la proportion de 4 sur 7, ce qui semblera sans doutedémesuré si lon songe aux cironstances dans lesquelles lartillerie de mon-tagne est appelée à agir. Quoique rien de définitif nait été écrit sur latactique de détail qui lui convient, on est en droit de supposer que leréglage du tir ne saurait seffectuer en montagne comme sur le champ debataille, quil faut agir particulièrement vite, suppléer à la précision du feupar labondance et la profusion des éclats, profiter enfin de ce quelennemi est obligé de sentasser sur les routes pour couvrir de balles leplus despace possible. Les occasions dagir sur des obstacles matériels avecquelque chance de succès semblent devoir être particulièrement rares.Cest surtout le personnel qu'on doit avoir en vue datteindre.

Autre critique : le poids du projectile est de 5 kiiogr. 600. Ce poids