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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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immobiles, et par cela même plus calmes. De plus, le feu de la défense estdevenu si meurtrier quil importe de franchir la zone dangereuse le plusrapidement possible, par conséquent sans sarrêter.

Le système de progression par bonds nest plus possible, car, si lonimpose au soldat les mêmes arrêts quaulrefois, tout contribuera, pendantles quelques moments il restera stationnaire, à rompre son élan. Cetélan sera brisé matériellement et moralement : matériellement dans lesrangs, qui séclairciront; moralement, dans les âmes, qui se décourageront.

Les ravages répétés du feu, aucun voile ne les cachera au soldat lancéau pas de charge, et ce nest querc fuyant en avant , toujours, suivant uneexpression pittoresque maintenant consacrée, quil pourra se soustraire àlhorrible spectacle environnant. Les yeux fixés sur lennemi, précipitantsans cesse sa marche, le soldat, en ne sarrêtant pas, naura le temps nide réfléchir ni davoir peur, ce qui est capital, car c'est à la dernière périodedu combat que lénergie individuelle devient le facteur unique du succès.

Faisant application de ces principes (1), je vais former et disposercomme suit les troupes chargées doccuper Bex :

Le 157 e donnera lassaut. Le premier bataillon se déploiera norma-lement en tirailleurs ; les deux autres bataillons suivront, déployés,de manière à assurer la pénétration. Ces fractions marcheront à unedistance assez faible de la chaîne pour quen accélérant lallure dans lesderniers moments elles soient en mesure de se jeter sur la position par unmouvement à peu près simultané avec celui du précédent échelon.

Le 158 e sera chargé de lexécution des feux. II groupera un bataillonsur la droite, un autre sur la gauche, largement en dehors de la directionsuivie par lattaque ; ils se placeront en sorte quils puissent, sans dommagepour les nôtres, exécuter, jusquau moment de lassaut proprement dit, desfeux de salve répétés sur lobjectif. Le troisième bataillon se tiendra en réser-ve; les deux bataillons alpins garderont la montagne et feront chacun unedémonstration pendant le combat décisif.

Les instructions du général navaient pas peu surpris les officiers supé-rieurs qui venaient de les recevoir. En y réfléchissant, elles étaient trèssages et parfaitement appropriées aux nécessités de la guerre moderne.

Lorsque le feu de préparation de lartillerie eut suffisamment ébranlélennemi, le général donna le signal de la marche en avant : trois sériesde deux coups de canon.

(i) Les Combats futurs , par le commandant breveté Radoux.