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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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de larme blanche, dans une surprise nocturne, est le signe le plus sûrauquel les assaillants puissent se reconnaître entre eux et se distinguer destroupes qui se servent des feux pour leur défense. Il offre sur les autresmoyens employés autrefois pour éviter des méprises funestes beaucoupdavantages. En effet, rien nindique dune manière sûre aux soldats quirépondent par la fusillade à une attaque inopinée à larme blanche si lescoups de feu quils entendent près deux sont tirés par leurs amis ou parles assaillants. Le plus difficile, dans une opération de nuit, est certaine-ment dempêcher les assaillants de tirer (1).

En somme, conclut Georget, quelques pertes que lon fasse en hommeset en matériel dans une marche de nuit tenue secrète, on nen éprouveragénéralement pas daussi graves que de jour, sous le feu meurtrier delennemi.

Oui; seulement, pour réussir, il ne faut pas négliger un élémentindispensable : les surprises de nuit doivent être conduites dans le pinsgrand secret, par des chefs dun grand sang-froid et exécutées sur unterrain bien exploré ou connu davance. Cest notre cas. Et puis il nesagit pas seulement davoir bon œil, il faut aussi avoir bonne oreille.

Que veux-tu dire?

Je dis que, dans lobscurité impénétrable, louïe doit suppléer à lavue. Rien de plus précieux que le concours de ces deux sens ouverts cons-tamment sur les moindres mouvements de lennemi (2).

Oui, mais en attendant, on aurait étudier davantage la questiondes signaux. Une fois dans un pays couvert, comment transmettre lesordres dans lobscurité (3) ? Les Américains, qui pendant la guerre deSécession ont beaucoup employé les attaques de nuit, se sont montrés parti-

(1) Pendant lexpédition du Mexique, le colonel du Pin, commandant en chef de lacontre-guérilla des terres chaudes, avait, une fois pour toutes, prescrit à ses troupes dene jamais combattre de nuit quà larme blanche. Avant le moment décisif, les sous-officiers visitaient les armes à feu et sassuraient que chaque homme en avait retiré lescapsules.

(2) Les Allemands ont ca'culé que, par une nuit tranquille, on peut entendre lamarche dune compagnie dinfanterie à la distance de 5 à 600 pas si lon marche, et à7 ou 800 pas si lon est immobile. A 700 ou 750 pas on entend une escadron au trot;s'il est au galop, à 1,000 pas. Sur un terrain uni, des cavaliers isolés se font entendrede 100 à 200 pas de distance. Les données pour lartillerie sont à peu près les mêmesque pour la cavalerie.

(3) Le règlement sur le service en campagne pose, en principe, lutilité des signauxemployés comme moyen de communication, mais il ninsiste pas. Les meilleurs sont lessignaux silencieux. Frédéric 11 conseillait ceux « qui évitent la tiraillerie, les alarmes et lacriaillerie, qui ne peuvent quapporter une sorte de terreur et empêcher dexécuter lesordres en règle. »