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LA GUERRE DE MONTAGNES
raire qui lui était tracé par les jalons lumineux. Mais à 500 mètres del’ennemi, elle s’arrêta pour prendre ses dispositions de combat.
Les trois bataillons se formèrent en colonne double. Le premier batail-lon se dirigea par une marche de liane à 100 mètres environ du deuxième,qui resta sur place. Le troisième bataillon se mit en réserve, en arrière, entreles deux bataillons qui devaient donner l’assaut (voir figure page 181).
Cette formation a été jugée la meilleure pour les opérations de nuit;comme il est impossible à l’ennemi de viser, les intervalles et les distancesentre les divers éléments concourant à la même attaque sont loin d’êtreaussi considérables que de jour. Aussi les avait-on resserrés le plus pos-sible- Les échelons successifs étaient reliés au moyen de petits groupes decommunication commandés par des officiers ou des sous-officiers. Les rela-tions entre colonnes voisines étaient établies de la même façon.
Le capitaine Renaud continuait à renseigner le général.
— Toutesl-il prêt, capitaine Renaud? demandait celui-ci par le téléphone.
— Avant de vous répondre, mon général, il faut toujours recevoir lemot...
— Marseille et Marceau, mille tonnerres! Je l’ai déjà dit. Vous mefaites perdre du temps. La colonne est-elle arrivée?
— Oui, mon général. Les bataillons viennent de se fractionner en troiscolonnes doubles. Les deux bataillons d’attaque sont en train de faireexplorer le terrain par leurs compagnies franches ; plusieurs factionnairesitaliens ont déjà été enlevés sans bruit.
— Bon. Les colonnes se sont bien fractionnées sur le terrain,de manièreà être sûr d’aborder simultanément la position ?
— Oui, mon général.
— Vous me direz quand il faudra donner le signal pour que les troiscolonnes partent ensemble...
— Attendez, mon général... on m'apporte un renseignement... C’estcela... Tout le monde est prêt... Quand vous voudrez, mon général...
Quinze secondes après, trois séries de deux éclairs électriques rayaientle ciel noir.
Un frisson sembla faire résonner les armes.
L’obscurité était complète.
— Une belle nuit pour une orgie à la Tour ! dit à voix basse, à un deses camarades de l’active, un oflicier de réserve toujours de bonne humeur.
Mais l’instant était solennel et, la plaisanterie n’obtint aucun succès.
Les fractions s’avançaient ; elles marchaient à distance de la vuedistincte, c’est-à-dire à sept ou huit pas.