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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

Quelques instants plus tard, je crus réellement remarquer un mouvement. Ilnétait donc pas mort? On comprend limpression que cette découverte dutproduire... Mais ce que lon ne saisira que difficilement, cest le dévouementdont fit preuveà ce moment 1 un des guides. Javais à peine articulé ces mots :« Il vit », que Ranos, un guide de Cbamonix, se précipita du haut de lescarpe-ment. Nous poussâmes tous un cri dépouvante en le voyant disparaître.

Par bonheur, il tomba dans la

cria-t-i!

belle !

de lavalanche, à 10 mètres

jh neige de 1 avalanche, à 10 mètres

My de labîme et, comme cette neigeri/L était très molle, il sy engagea siprofondément quil lui fut impos-sible de se dépêtrer.

Sur ces entrefaites, le sergent-

major avait commencé à se re-\ mettre de létourdissement que

i lui avait causé sa chute. Il fit un

f)j 1 effort pour regarder en arrière, et

quand il maperçut au haut delescarpement, sa première penséefut de demander : « Suis-je le

seul? » Et, comme les hommeslui répondaient affirmativement : Cest une bagatelle, nous

cria-t-i!, du moment quil ny a que moi!

Ce courageux sous-officier lavait échappébelle ! Comment se faisait-il quil se fût ar-rêté dans sa chute à une distance du préci-pice relativement si faible? Sur cette longuepente, si abrupte, il se trouvait une tête de

/

rocher isolée, une sorte de petite pyramide rocheuse, contre laquelle vintfrapper la partie du massif éboulé sur laquelle se trouvait le sergent-major. Une portion de la neige y resta accumulée. Si celui-ci sétait trouvésur tout autre point de ce long massif, il aurait infailliblement été entraînéavec lavalanche et naurait pas tardé à disparaître dans ses pelotesgigantesques.

11 sagissait maintenant de trouver moyen de retirer le sous-officier de cetle posilion. A la vérité, nous ne voyions point encore com-ment nous y prendre. La compagnie paraissait décidée à ne pas aller plusloin, avant davoir retiré le malheureux camarade; le capitaine avait