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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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voulu passer outre et laisser une escouade de sauvetage, mais sa proposi-tion ce nétait pas un ordre avait été très mal accueillie.

Les guides étaient complètement désorientés. Il ny avait aucun moyendeffectuer notre descente par lescarpement quavait suivi lavalanche;il était donc indispensable de remonter le sous-officier; mais, entre lui etnous, il y avait dabord une paroi verticale de 10 mètres, la tranche dunévé écroulé, puis une pente très raide représentant une hauteur de15 mètres.

Pour procéder aussi méthodiquement que possible, nous attachâmes unhomme à la corde et le fîmes dévaler 10 mètres, jusquà lendroit leguide avait piqué une tête et attendait du secours, lui aussi. Lhomme aidale guide à se dépêtrer, après quoi ils essayèrent de descendre les 15autres mètres au moyen dun de ces tours de force dont les chasseurs dechamois ont seuls le secret et qui consiste à trouver exactement lendroit la neige est assez tassée pour servir de support au pied.

Us arrivèrent ainsi, à force dadresse et de patience, et en se collantlittéralement contre la neige, auprès du sergent-major, dont ils commen-cèrent par dégager le corps. Quand ils leurent complètement déneigé, onconstata quil avait un bras cassé et une jambe ankylosée. Le moyen defaire franchir à un homme en pareil état une pente de 50 et, sur quelquespoints, de 70 degrés ! Mais nos deux braves gens manœuvrèrent si bienquils parvinrent à amener le blessé jusquau haut de la contre-pente., ils lattachèrent à la corde et nous le hissâmes à nous, en ayant soinde faire couler la corde sur nos bâtons, que nous avions placés sur le borddu précipice. On employa le même procédé pour remonter les deux sauve-teurs qui arrivèrent sains et saufs au sommet.

Plus dune heure avait été employée à cette recherche et à ces efforts,pour retrouver celui que nous avions cru perdu. Le capitaine pestait etdonna lordre daccélérer lallure, tout en ne se départissant pas desmesures de prudence nécessaires.

Mon ordonnance se rapprocha de moi et déclara quil ne voulait plusme quitter dune semelle. Cest un brave et digne garçon, le type du mon-tagnard accompli.

Vous connaissez tous ce type. Un officier italien en a crayonné lasilhouette dune façon originale et exacte (1); la voici à grands traits :

Chasseur, contrebandier, campagnard, pasteur ou charbonnier, lemontagnard est dune taille plus que moyenne, membru, sain et robuste.

(1) Les Alpes et les Compagnies alpines , par le lieutenant Bertelli, du 6° bataillonitalien alpin.