Buch 
La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
Entstehung
Seite
453
JPEG-Download
 

LA FRANCE ET LA RUSSIE

453

Mais non ! fit un guide. Cest la neige rouge.

Le guide avait raison. Comme les petits organismes qui composent laneige rouge sont, ordinairement accumulés en plusgrand nombre à quelques millimètres au-dessous de lasurface,il arrivait quen les foulant aux pieds nous lesrendions plus apparents, et que chaque pas que nousfaisions laissait comme une trace sanglante quonsuivait des yeux à une grande, distance.

A ce moment, le capitaine me déclara quil voulaitprendre ma place en tête, immédiatement après leguide. Je protestai avec énergie, je fis valoir mesconnaissances, ma force, ma santé, ma pratique delalpinisme. Rien ny fit.

Vous venez dêtre éprouvé par une longuechute, me dit le capitaine. Marchez derrière. A mon tourmaintenant de donner lexemple.

Jobtins alors la permissionde faire partie de la deuxièmeescouade, cest-à-dire de cellequi marchait immédiatementaprès lescouade de tête.

Voici le dernier passagedifficile, dit le nouveau guide quiavait pris la tête. Quand nous au-rons franchi ce mauvais pas,nous serons sauvés ; nous nau-rons plus quà nous asseoir surnos talons et à nouslaisser glisser.

Allons, encore un peu decou-rage! cria le capitaine en setournant vers ses hommes. Cestle dernier mauvais pas: nousferons la halte en bas.

Lepassagedifficile nétait pastrès long ; il navait certainement pas plus de 80 à 90 mètres en hauteur.Cependant, je le jugeais dangereux et je proposai dattacher, pour plus desûreté, une corde au rocher, quon retirerait après la descente.

Le capitaine repoussa lidée du geste.

Bah! fit-il.

Manœuvre de la corde : descente.