LA FRANGE ET LA RUSSIE
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les canons. On eut d’abord recours aux montagnards, à qui Fon offrit1,000 francs par pièce d’artillerie hissée jusqu’au Saint-Bernard; mais lesmontagnards se lassèrent. Alors* les soldats se mirent à traîner eux-mêmesleurs canons démontés. Des groupes de cent hommes les hélaient avecdes cordes, chacun à leur tour ; les musiques jouaient aux passages difficileset encourageaient les vieux soldats -à surmonter les obstacles. Vous voyez,les amis, ce que nous faisons aujourd’hui est un jeu d’enfant à côté de ceque firent nos pères (1).
L’année précédente, en 1799, un combat avait déjà eu lieu autour du
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couvent que nous allons voir tout à l’heure, entre Autrichiens et Français,qui se battirent pendant toute une journée.
— Qui eut le dessus ? demanda un chasseur.
— Les Français, comme toujours à cette époque, fit le lieutenant.
La colonne poursuivait sa marche accélérée. Après le torrent de Val-sorey, le chemin, façonné dans le roc au-dessus des précipices de laDrance, traverse une magnifique forêt de mélèzes. Comme l’officier lefaisait remarquer, le passage a été bien amélioré depuis l’époque où
(1) On vit ainsi les divisions Chambarlhac et Monnier traîner elles-mêmes leur artil-lerie et préférer bivouaquer sur la neige plutôt que de l’abandonner. — Histoire duConsulat , Thiers.