LA FRANCE ET LA RUSSIE
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armes au loin. La compagnie s’arrêta. On était près du but. Les Italiensallaient-ils nous forcer à redescendre? Occupaient-ils toujours le col? Oubien les nôtres avaient-ils pu le conserver? Telles étaient les questionsque nos soldats se posaient avec anxiété.
Le commandant du détachement braqua sa jumelle :
— Ce sont des alpins français, s’écria-t-il gaiement. En avant ! En avant lA ce moment, un cavalier arrivait du Saint-Bernard et descendait laroute à toute bride. C’était un chef de bataillon de chasseurs.
— Le général est loin? demanda-t-il en s’adressant au lieutenantBerville.
— Il doit être avec le gros de l’avant-garde.
— Merci. Vous pouvez marcher. Le chemin est libre. Les Italiens n’ontpas insisté et se sont retirés, nous supposant plus en force. Vous trou-verez vos camarades au couvent.
Le commandant s’éloigna pour rendre compte de la situation augénéral.