Buch 
L' empereur Alexandre II : vingt-six ans de règne (1855-1881) / par C. de Cardonne
Entstehung
Seite
3
JPEG-Download
 

AYANT-PROPOS.

5

eut à soutenir contre la coalition de la France, de lAngleterre,de la Turquie et de la Sardaigne. Malgré lcnergie de la défense, lesarmes Russes essuyèrent des revers. La première année du règnedAlexandre II fut marquée par de douloureuses épreuves : la chutede Sévastopol, lanéantissement de la marine Russe dans la merNoire, la nécessité, pour le cabinet de Saint-Pétersbourg, de se rési-gner à des conditions quil avait dabord repoussées. Nul ne prévoyait,dans ces pénibles circonstances, que la Russie, en peu dannées, serelèverait comme rajeunie et avec une nouvelle vigueur.

La paix de 1856, conclue à Paris, consacra les exigences des Puis-sances qui avaient voulu la guerre. Dès lors, la Russie, se repliant surelle-même, ne soccupa que de développer les éléments de prospéritéque la Providence lui a départis. Une ère nouvelle commençait, celledes réformes bienfaisantes, fécondes; Alexandre II allait se vouer entiè-rcmentau bonheur de son empire. Pendant vingt et un ans, cette œuvrecolossale fut poursuivie sans relâche, avec une activité et une énergiedont les annales des peuples fournissent bien peu dexemples, avec unsuccès qui dépassa toutes les espérances. Les obstacles et lon verraquil y en a eu de grands furent aplanis, les difficultés surmontées.Le Ciel bénit les efforts dun souverain qui puisait ses inspirations dansla droiture de sa conscience. Si lhistoire nest trop souvent que lerépertoire des crimes, des folies, des souffrances, qui ont affligé lesnations, le règne dAlexandre II offre aux hommes de bien un spectaclequi les repose et les console.

Cest au milieu dune prospérité continue, dun développement pro-gressif delà richesse nationale, de laccroissement régulier du revenupublic, en Russie, que la question dOrient sest ranimée.

Une paix de la Russie avec la Porte na jamais été quune trêve.La haine que les Turcs portent aux Russes leur a toujours faitsouhaiter de trouver loccasion de se venger de défaites sans nombre.La crainte seule leur a imposé des ménagements, dans lintervalle duneguerre à lautre. Depuis la paix de Paris, la Turquie sétait imaginéquelle pouvait, sans danger pour elle-même, mécontenter et froisserla Russie. A vrai dire, elle vivait dans lillusion. En 1856, elle avaitcontracté des engagements non seulement avec toutes les Puissancesqui avaient été engagées dans la guerre, mais encore, avec cellesqui ny avaient pris aucune part. La paix de Paris avait reçu la sanction