INTRODUCTION HISTORIQUE,
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hardis accoururent près de Tchernyi George. Il les soumit à une disciplinesévère et en forma à la hâte un noyau autour duquel vinrent se grouper tousceux qui voulaient résolument l’indépendance de leur patrie. Il ne tarda pasà se voir à la tète d’une véritable armée, attaqua les Turcs et leur fît uneguerre sans merci. Des succès rapides, suivis de la prise de Belgrade, en 1806,et de celle d’autres forteresses, montrèrent qu’il était digne du commande-ment exercé par lui avec une inflexible autorité. Terrible dans les combats,il avait communiqué son intrépidité à ses compagnons, et l’armée Serbe,sous ses ordres, put, par des diversions, par la connaissance des lieux, rendrede grands services aux Russes.
Pendant quelques années, les Serbes, presque toujours en guerre avec lesmahométans de la Bosnie, qui étaient dévoués à la Porte, et avec les Turcs,furent les maîtres chez eux. En 1809, les hostilités, entre la Bussie et laTurquie, devinrent plus actives, et Tchernyi George conçut le projet de réunir,dans un Etat indépendant, les provinces qui avaient formé, au xn e siècle, lepuissant royaume de Serbie. Il ne put accomplir ce dessein, et la paix deBucharest replaça la Principauté sous la suzeraineté de la Turquie ; maisTchernyi George en conservait le gouvernement, avec le titre de Prince deSerbie, qui lui avait été antérieurement reconnu par la Porte.
Après l’invasion de la Serbie par les Turcs, en 1813, Tchernyi George, nepouvant tenir tête à des forces trop supérieures, s’était réfugié en Bessara-bie. Redevenus maîtres de la Principauté, les Turcs rétablirent l’ordre dechoses contre lequel les Serbes, en 1804, avaient pris les armes.
Des Yoïvodes, qui s’étaient signalés dans les luttes pour l’indépendancenationale, un seul, Milosch Obrenovitch, resta en Serbie. Fils de paysan, ilétait parti de plus bas encore que le Tchernyi ; après avoir été gardeur deporcs, il en avait fait le commerce. Lors du soulèvement de la Serbie, il avaitvingt-quatre ans. Il prit les armes, et, si son rôle fut secondaire dans ce premiermouvement, dont le Tchernyi était le promoteur et le héros, il se fit remarquerpar son courage et par son intelligence. En 1810, l’Assemblée nationale(Skouptchina) lui témoigna sa confiance, en l’envoyant, avec une mission,au quartier général de l’année Russe. Après que le Tchernyi et ses principauxlieutenants curent quitté la Serbie, Milosch, échappant aux embûches quelui tendaient les Turcs, trouva asile dans un district où s’ôtaient réfugiés deshommes résolus à conserver leur indépendance. Il se mit à leur tête, et, en1815, le jour des Rameaux, il appela ses compatriotes aux armes ; l’étendarddelà guerre sainte fut arboré, et la lutte commença. Les forces de Miloschgrossirent rapidement. Audacieux, rusé, fécond en ressources, il remportasuccès sur succès, et finit par se rendre maître de tout le pays, à l’exceptiondes places fortes, occupées par des garnisons Turques. En 1817, il se fit pro-