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Si l’on veut uu système de droits protecteurs, il faudra, nous le répétons, prélever des droitsélevés pour atteindre le but que l’on a en vue, car les discussions qui ont eu lieu dans la curie desseigneurs en Prusse prouvent qu’avec un tarif de péages tel que celui de l’Union douanière alle-mande, on ne peut ni protéger convenablement l’industrie indigène, ni amener d’autres Etats à
1839: 2, J89 livres, tandis qu’en Autriche, où il y a une population de 34‘/ 2 millions d’habitants, cetteconsommation s’est élevée par tête en 1834: 0, 244 , en 1835: 0, 237 , et en 1839: 0, 3 livre. Si l’oncompare la consommation du café en Autriche avec celle qui se fait dans les autres Etats de l’Europe,c’est, dans ce pays, à l’exception de l’Espagne et du Portugal, qu’elle est le plus faible, d’après leschiffres, abstraction faite de la population même; dans l’Angleterre seule, qui a une population bienplus faible, la consommation du café est de 24 millions de livres, moyenne annuelle, et en France,qui a presque la même population, elle est de 45 millions de livres, et cependant on avouera quel’usage en est déjà bien plus répandu en Autriche.
D’après les données de Mac-Culloch , on consomme en Allemagne par tête plus du double de caféqu’en Angleterre ; l’usage du café en Angleterre constituerait le terme moyen de la consommation decette denrée en Europe; dans l’Association douanière ou en Prusse, la consommation ne dépasse pasd’une manière considérable ce terme moyen, tandis qu’elle est au-dessous en Autriche. L’importationdu café y est aussi constamment en hausse, mais il faut qu’elle s’augmente du double au moins pourcouvrir la consommation intérieure probable, lors même qu’on accorde que les habitants de l’Angle-terre, de la France et de la Prusse sont plus amateurs de café que les habitants de l’Autriche.
En Suisse la consommation du café augmente chaque année; elle est beaucoup plus forte qu’enAutriche, en Angleterre, en France et dans l’Association douanière. Toutes les données sur la con-sommation de la Suisse qui se trouvent dans des ouvrages statistiques, comme, par exemple, dansl’excellent ouvrage de Ditterici même, sont assurément trop faibles en général.
L’importation du café en Suisse s’est élevée :
1839
1840
1841
1842
1843
1844
1845
1846
Qu mlaux
Quintaux.
Quintaux.
Quintaux.
Quintaux,
Quintaux.
Quintau x.
Quintaux.
95,224
109,736
111,881
126,991
114,684
141,925
123,588
113,665
Par conséquent, pendant ces huit années, l’importation totale s’est élevée à 938,694 quintaux.
La moyenne, pendant les trois premières années 18 39 / +J s’est élevée à . 102,613 „
et l’importation moyenne pendant les 5 dernières années 18 4J / 4(i à . . 124,170 „
ce qui démontre que la consommation a considérablement augmenté. L’exportation du café à la desti-nation des États de l’Association douanière, de l’Autriche et par l’Autriche s’est élevée en 1840 à2,344 quintaux. (Voir mon Exposé du mouvement commercial de ces deux pays), de sorte qu’il en
serait resté pour la consommation intérieure 121,836 quintaux, ce qui, pour une population de2,200,000 âmes, fait une consommation de café de 5'4 livres par tête.
Uieterici , dans sa seconde suite, p. 146, évalue la consommation du café:
En Belgique à ... 10 livres par tête.
Dans l’Association douanière à % „ „
En Angleterre à 1 „ „
En France .... 4 V, » n
Pour la Suisse il croit ne devoir admettre qu’une livre; mais il est évident qu’il se trompe gran-dement dans ce chiffre. La Suisse fait de toutes les denrées coloniales une consommation intérieurebeaucoup plus forte que l’Association douanière.