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Le serpent rôde autour de Berne,
Mais l’ours le fuit avec effroi,
Car c’est ta main qui le gouverne,
Et sa défense, c’est ta Loi.
A la vérité, Berne ne secourut pas officiellement leshuguenots, mais leur permit en secret d’enrôler sur son ter-ritoire. Toute une expédition se forma, conduite par Nicolasde Diesbach. Elle partit, bannières déployées ; mais, intimidépar les représentations de la France, le gouvernement larappela. On accueillit même favorablement des propositionsd’une alliance française, comportant la garantie de la con-quête du Pays de Vaud et l’assurance donnée que l’alliancetomberait si le roi attaquait la foi évangélique. La nouvelleguerre de religion qui éclata en France coupa court auxnégociations. Rodolphe d’Erlach était intervenu vainementen faveur des huguenots, au nom de Berne.
Le duc d’Albe rassembla (1567) en Lombardie et enSavoie une immense armée pour contraindre les Pays-Basà la soumission. Berne pouvait craindre que les Espagnolsne lui cherchassent querelle, ce qui n’eût pas déplu auxautres cantons. Elle mit 10,000 hommes de piquet, mais ledanger passa heureusement près d’elle sans l’atteindre.
La France fit de nouveau des propositions d’alliance.On ne voulut ni les accepter, ni agir pour les huguenots.L’infatigable ambassadeur français de Bellièvre, un habilediplomate, réussit à obtenir que vingt-six compagnies suisses— il y avait des Bernois dans le nombre — secourussentCharles IX contre les protestants.
Le duc de Savoie s’était, d’un autre côté, si bien ré-concilié avec les Bernois qu’ils signèrent avec lui un traitéd’alliance défensive. On envoya à Chambéry, pour prêter leserment d’alliance, l’ancien avoyer Béat-Louis de Mülinen,
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