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Leuenberger. On leur soumit un projet de constitution dela Ligue. On voulait, se fondant sur les anciennes alliances,donner à chacun, seigneur ou paysan, ce qui lui appartenait,se soutenir les uns les autres dans le différend actuel etdans les nouvelles plaintes qui pourraient se produire, n’agirque d’un commun accord, renouveler le pacte tous les dixans et punir comme parjure celui qui le violerait. Ce projetfut adopté et ratifié dans une assemblée beaucoup plusnombreuse, à Huttwyl, où se réunirent des paysans de Berne,Lucerne, Bâle, Soleure et des baillages libres. L’agitationallait grandissant. Nicolas Leuenberger, le chef des paysans,exerçait une sorte de dictature qui répondait peu à ses in-tentions. Le gouvernement bernois expédia encore des délé-gués, que l’on écouta seulement après la clôture d’une desréunions organisées par les émeutiers. Un dernier concilia-bule échoua devant les prétentions excessives de Leuen-berger.
Leuenberger menaça d’empêclier le ravitaillement dela ville et il se mit en marche contre Berne. 11 annonçaqu’il attaquerait Berthoud si la garnison n’en était pas con-gédiée. Il avait déjà fait occuper Gumminen, en vue d’arrêterles Vaudois, et fait assiéger Aarberg. Il comptait prendreBerne avec le concours de 700 hommes de l’Entlebuch,conduits par Schybi.
La ville s’apprêtait à se défendre ; on avait levé destroupes, surtout dans le pays de Yaud, le commandementen chef avait été remis entre les mains de Sigismond d’Er-lach. Le 19 Mai, on proclama dans un manifeste que, n’ayantrien obtenu par la douceur, on allait recourir aux armes.Deux jours après, Leuenberger était à Ostermundigen. Sesgens étaient prêts à pénétrer en ville ; on y eût tué tousles hommes valides et les vainqueurs se seraient partagéle pouvoir. Le gouvernement ayant reçu des renforts im-