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portants, Leuenberger jugea à propos d’accepter l’arrange-ment qui lui était offert ; les paysans devaient rendre toutce qu’ils avaient confisqué, contre une indemnité de 50,000livres. Là-dessus, le traité fut conclu le 24 Mai, au Murifeld.Mais, le lendemain déjà, Leuenberger revenait avec de nou-velles exigences. Le gouvernement fit encore une fois despropositions de paix et déclara que si elles n’aboutissaientpas, il passerrait aux moyens violents. Une bonne nouvellelui vint de l’Ouest. Le bailli de Laupen, Jean-Jacques Dur-heim, obtint par ruse le passage des Yaudois à Gfumminen.Il fit croire aux paysans qui gardaient cet endroit queLeuenberger avait passé au catholicisme avec toute sonarmée ; aussitôt ils se dispersèrent. Ceux qui assiégeaientAarberg ayant eu vent de la chose s’enfuirent aussi. Decette façon, les troupes de Cerlier et de Neuchâtel purentêtre dirigées sur Berne.
Leuenberger fut informé de ces événements. Il acceptadonc la paix du Murifeld et se retira. Mais lorsqu’on apprità Berne qu’il se dirigeait sur l’Argovie, on exigea qu’il seprésentât à Konolfingen pour y faire sa soumission et pourcontenir ses gens qui, à ce que l’on croyait, marchaient surLucerne. Il ne se laissa pas détourner de son projet.
Sur ces entrefaites, les Confédérés avaient rassembléune armée en Argovie et l’avaient placée sous les ordresdu Zurichois Conrad Werdmüller. Les paysans l’attaquèrentà Wohlenschwyl dans le voisinage de Mellingen, avec desforces bien supérieures, mais sans obtenir d’avantages dé-cisifs. Vers le soir, Werdmüller leur accorda un armisticequi devait durer jusqu’au matin. Les Confédérés en profi-taient pour se livrer au repos, lorsque Schybi conseilla deles surprendre dans leur sommeil. Leuenberger ne voulutpas tremper dans cette trahision. Le lendemain, Werdmülleret les paysans parvinrent à s’entendre.