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A Berne, la situation était différente. Le gouvernement,qui n’avait pas été consulté à ce sujet, se refusait à re-connaître la convention de Mellingen, et considérait queLeuenberger avait violé la paix du Murifeld, parce que, la paixconclue, il n’avait pas déposé les armes. Le général Sigis-mond d’Erlach reçut l’ordre de l’attaquer ; il passa dans laHaute-Argovie et prit ses quartiers à Wangen, où il appritque les paysans étaient massés près d’Herzogenbuchsee. Lejour de Pentecôte (8 Juin), il marcha contre eux. Une ardenteet sanglante bataille s’engagea, pendant que la moitié duvillage était dévorée par les flammes. La victoire demeuraaux troupes du gouvernement. La révolte était réprimée.Les principaux chefs de l’émeute subirent la peine capitale ;Leuenberger, trahi par un ami, fut décapité le 6 Septembre.
On tint compte des plaintes du peuple ; le Trattetvjeldfut supprimé, le bailli ou le justicier perdit le droit d’in-fliger des amendes sans une sentence préalable du tribunal,et l’autorité baillivale dut s’accommoder de certaines restric-tions ; en revanche, les assemblées de paysans furent inter-dites. Le gouvernement prouva qu’il prenait au sérieux lesréformes entreprises, en destituant et bannissant le baillide Trachselwald, Samuel Tribolet, qui avait commis desactes d’arbitraire.
III. La première guerre de Vilmergen.
Tant de changements s’étaient produits dans la Confédé-ration, que les anciennes alliances ne cadraient plus avec lenouvel état de choses. Le territoire du pays s’était considé-rablement agrandi; dans les pactes, la réserve d’une rati-fication de la part de l’empereur était devenue superflue,et de la part du pape, impossible, du moins à l’égard descantons protestants; et ces divers traités offraient de grau-