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des divergences. Les Etats de la Suisse réformée, pousséspar un sentiment de vrai patriotisme, souffraient surtoutdes défectuosités de l’organisation politique de la patrieet désiraient y remédier. Le général Sigismond d’Erlach etle bourguemestre Waser, de Zurich, déposèrent un projetaux termes duquel tous les textes contradictoires des an-ciennes alliances seraient remplacés par un texte unique.Les cantons catholiques, Schwyz excepté, paraissaient biendisposés, mais ils découvrirent bientôt le fond de leur penséeen renouvelant sans scrupules leurs alliances séparées entrecatholiques. Les réformés pouvaient en être vexés. L’unitéde la Confédération semblait condamnée pour toujours. Unévénement insignifiant déchaîna la guerre civile.
Un pasteur zuricois, du nom de Kesselring, avait donnéà un paysan d’Arth, qu’il avait rencontré venant de la foirede Zurich, une Bible qu’on lut beaucoup dans le villaged’Arth. Le clergé s’émut aussitôt, le gouvernement deSchwyz prononça des sentences de mort contre plusieurshérétiques et confisqua leurs biens. Ceux qui purent fuir,s’échappèrent. Zurich accueillit une vingtaine de ces mal-heureux et réclama la restitution de leurs biens (1655).Schwyz n’y consentit point. Les deux cantons prirent cettequerelle tellement à cœur, qu’ils se mirent en quête d’alliés.Les catholiques trouvèrent du soutien dans l’Espagne, dansla Savoie, auprès du pape. Les réformés dans l’Angleterre,et la Hollande. L’ambassadeur français tenta en vain deles réconcilier. La Diète, réunie à Baden en Novembre, vitses efforts se briser contre l’opiniâtreté des Schwyzois et desZurichois. Des deux côtés, on fit des préparatifs de guerre.
La tactique des réformés ne fut pas plus habile en l’oc-curence que dans les affaires de Cappel, au siècle précédent.Bernois et Zurichois opérèrent séparément. Jean-RodolpheWerdmuller mena les Zurichois faire le siège de Rappers-