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wyl. A Berne, on convoqua le landsturm, occupa les fron-tières (TUnterwald, Lucerne et Soleure; puis, le généralSigismond d’Erlach entra en Argovie avec le gros de l’ar-mée, qui comptait 8000 hommes. Il établit son camp àLenzbourg. Les troupes furent massées du côté de Vil-mergen. Mais l’insouciance, le désordre même étaient dansles rangs; les soldats se dispersèrent, la plupart des offi-ciers restèrent à Lenzbourg.
Les ennemis n’eurent pas de peine à se renseigner surla situation des Bernois. Quatre mille des leurs, Lucernoiset gens des baillages libres, s’approchèrent sans être remar-qués. Des coups de feu, éclatant soudain, auraient bien dûdonner l’alarme aux Bernois, mais ceux-ci ne voulurent pascroire que leurs adversaires fussent en nombre dans lesenvirons. Les catholiques prirent sans encombre de bonnespositions et rouvrirent le feu. A ce moment même, leurchef, Christophe Pfylfer, reçut une lettre de son gouverne-ment. Il en devina le contenu : l’ordre de suspendre leshostilités, des négociations favorables étant en cours. L’oc-casion de remporter un succès était trop alléchante ; ilmit le message dans sa poche, disant qu’il n’avait pas letemps de lire des lettres.
Pendant que son artillerie, qui tirait trop haut, nefaisait pas grand mal aux Bernois, ces derniers, fort sur-pris, s’apprêtèrent pour le combat. Mais ils ne s’étaientpas encore déployés, quand Pfyffer se jeta sur eux avec unetelle violence qu’ils plièrent. Seuls, deux de leurs régiments— un argovien commandé par le colonel Jean-RodolpheMay de Rued et un vaudois conduit par le colonel DanielMorlot — purent entrer en ligne ; ils furent, malgré touteleur bravoure, trop faibles pour repousser l’ennemi. Lesautres régiments, voyant que leurs camarades fuyaient»jugèrent inutile de prolonger le combat :