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Histoire de Berne 1191 à 1891 : écrite en commémoration du sept centième anniversaire de la fondation de la ville de Berne / par W. Frédéric de Mulinen ; [traduit de l'allemand par Virgile Rossel]
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wyl. A Berne, on convoqua le landsturm, occupa les fron-tières (TUnterwald, Lucerne et Soleure; puis, le généralSigismond dErlach entra en Argovie avec le gros de lar-mée, qui comptait 8000 hommes. Il établit son camp àLenzbourg. Les troupes furent massées du côté de Vil-mergen. Mais linsouciance, le désordre même étaient dansles rangs; les soldats se dispersèrent, la plupart des offi-ciers restèrent à Lenzbourg.

Les ennemis neurent pas de peine à se renseigner surla situation des Bernois. Quatre mille des leurs, Lucernoiset gens des baillages libres, sapprochèrent sans être remar-qués. Des coups de feu, éclatant soudain, auraient biendonner lalarme aux Bernois, mais ceux-ci ne voulurent pascroire que leurs adversaires fussent en nombre dans lesenvirons. Les catholiques prirent sans encombre de bonnespositions et rouvrirent le feu. A ce moment même, leurchef, Christophe Pfylfer, reçut une lettre de son gouverne-ment. Il en devina le contenu : lordre de suspendre leshostilités, des négociations favorables étant en cours. Loc-casion de remporter un succès était trop alléchante ; ilmit le message dans sa poche, disant quil navait pas letemps de lire des lettres.

Pendant que son artillerie, qui tirait trop haut, nefaisait pas grand mal aux Bernois, ces derniers, fort sur-pris, sapprêtèrent pour le combat. Mais ils ne sétaientpas encore déployés, quand Pfyffer se jeta sur eux avec unetelle violence quils plièrent. Seuls, deux de leurs régiments un argovien commandé par le colonel Jean-RodolpheMay de Rued et un vaudois conduit par le colonel DanielMorlot purent entrer en ligne ; ils furent, malgré touteleur bravoure, trop faibles pour repousser lennemi. Lesautres régiments, voyant que leurs camarades fuyaient»jugèrent inutile de prolonger le combat :