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Le combat dura bien trois heures,
I/ours y perdit joie et courage,
Et dut enfin prendre la fuite ;
Les pattes de l’ours en ont souffert,
Il ne croyait vraiment pas à cela.
Et il en eut grand’honte.
Toute sa puissance était brisée ;
Sa fuite dura jusqu’à minuit,
Il se cacha derrière les murs de Lenzbourg . . .
La victoire des Lucernois (23 Janvier 1656) fut com-plète; ils ne perdirent que 200 hommes, tandis que lesBernois laissaient 600 des leurs sur le terrain, entre autresle capitaine Zehender, plusieurs drapeaux, leur artillerie etle bagage de l’armée.
Peut-être eût-il été avantageux de reprendre l’offensivele lendemain ; les Argoviens le souhaitaient ardemment, maisa Lenzbourg on fut d’un tout autre avis. La paix se fitavec une rapidité surprenante, grâce à la médiation de laSavoie, de la France, de l’Angleterre et de la Hollande.Les points contestés étaient réservés à un tribunal d’arbitres.
On conçoit que les catholiques ne laissèrent pas de seréjouir de leurs succès. Plus d’un fier couplet fut chanté,qui s’est conservé jusqu’à nous, raillant cruellement lesmécomptes de l’« ours ».
IV. Le traité d’alliance avec la France (1663).
Louis XIV avait besoin de bonnes troupes pour sesguerres continuelles ; la Suisse ne les lui refusa point, parceque, sous la protection du puissant roi, elle se sentait ras-surée du côté de l’Empire et de la Savoie. C’est Louis XIVqui a surtout développé le mercenariat en Suisse.