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Dans les années cinquante, la France avait réussi as’allier avec les cantons catholiques, et ce fut ensuite lapréoccupation constante de l’ambassadeur français d’attirerles cantons protestants. Aussi l’affaire de Vilmergen avait-elle été un fâcheux contre-temps. Mais, même après qu’ellefut achevée, tout ne marcha pas à souhait. Berne posaitdiverses conditions que la France jugeait inacceptables. LesSuisses n’en cédèrent pas moins les premiers (1658). Laclause la plus importante du traité d’alliance était que,dans le cas où les Confédérés ne seraient impliqués dansaucune guerre, ils mettraient au service du roi au moins6000 et au plus 15000 hommes, contre de fortes pensions natu-rellement. L’une des parties ne devait pas conclure de paixsans l’autre, et tout traité de paix devait être passé sousl’intervention des deux contractants. Les cantons furentainsi rivés à la France, pour toute la durée de la convention.
L’ambassadeur français, de la Barde, un Un diplomate,désirait convertir en un seul traité les alliances particu-lières des cantons catholiques et des cantons protestantsavec son roi. Il se heurta à de grosses difficultés. Pourquoiferait-on un nouveau plaisir à un prince qui ne payaitjamais ses dettes, persécutait les huguenots et n’avait pasencore voulu garantir la neutralité de la Bourgogne ? Deuxannées se passèrent en pourparlers, jusqu’à ce que la Franceeût atteint son but. A la diète de Soleure, au mois deSeptembre 1663, on s’entendit pour envoyer à Paris unedélégation qui prêterait le serment d’alliance avec le roi.Les délégués bernois partirent vers la mi-Oetobre, l’avoyerAntoine de Graffenried et le banneret Bûcher; ils avaientemmené leurs fils et s’étaient fait accompagner des mem-bres du Grand Conseil, Antoine Archer et Jacques Tillier,ainsi que d’Emmanuel Steiger, Antoine May, Daniel Lerber,Jean-Philippe Cerjat et Jacques Wyttenbach.